Cinéma & Séries

Running Man : après son échec au cinéma, le film trouve une seconde vie sur Canal+

Boudé au cinéma, Running Man s’offre une deuxième vie à la maison. Le film d’Edgar Wright avec Glen Powell est disponible sur CANAL+ et myCANAL depuis le 17 juillet 2026. L’occasion surtout de revenir à son origine : un roman écrit à toute vitesse par Stephen King dans les années 1970 et situé dans un futur qui nous est désormais très familier… 2025 !

Running Man, jaquette du DVD

© ESC Distribution

Aussi disponible sur Carrefour.fr : en Blu-ray

Comment Stephen King avait-il imaginé 2025 ?

C’est ce qui rend Running Man particulièrement savoureux à regarder aujourd’hui. Et pour retrouver Stephen King sur le papier, Ne jamais trembler, son nouveau roman, est arrivé en janvier. Stephen King écrit le roman en février 1973, en une semaine seulement, avant de le publier en 1982 sous son pseudonyme de Richard Bachman. Et il choisit de situer son histoire en… 2025. Soit précisément l’année où la nouvelle adaptation d’Edgar Wright est sortie au cinéma !

Son futur ? Une Amérique appauvrie et ultra-violente où la télévision transforme la misère en spectacle jouissif. Ben Richards, ouvrier au chômage dont la fille est gravement malade, accepte de participer à The Running Man, une émission dans laquelle des candidats sont traqués pendant trente jours par des tueurs professionnels. Plus longtemps ils survivent, plus ils gagnent. Plus de cinquante ans après son écriture, le calendrier imaginé par King est arrivé à échéance. Et certaines de ses obsessions ont très bien vieilli.

La bande-annonce officielle. © Paramount Pictures France

Edgar Wright revient au vrai Running Man

Ce n’est d’ailleurs pas vraiment un remake du film de 1987 avec Arnold Schwarzenegger. Celui-ci avait conservé l’idée du jeu mortel, mais transformé la traque nationale du roman en affrontement dans une arène, avec un héros bodybuildé très éloigné de celui imaginé par King.

Edgar Wright repart davantage du livre. Glen Powell incarne un Ben Richards plus « banal », la chasse s’étend de nouveau à travers le pays et le film retrouve le sous-texte social du roman. Il y ajoute aussi une angoisse très 2025 : les deepfakes. Dans cette société où la télévision peut fabriquer de fausses images pour retourner l’opinion contre un fugitif, la dystopie seventies de Stephen King prend soudain un petit coup de jeune assez inquiétant.

Un flop en salles mais une deuxième vie sur canapé

Reste que le public n’a pas vraiment couru pour voir Running Man, si vous nous permettez le jeu de mots. Avec environ 69 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget annoncé de 110 millions, le film a raté son passage en salles. En France, il a réuni 584 082 spectateurs.

Un homme bondit sur une voiture, scène de Running Man
Running Man, d’Edgar Wright. © Paramount Pictures

À la maison, l’histoire n’est pas la même et la roue tourne. Après son arrivée en streaming aux États-Unis, puis sur CANAL+ et myCANAL en France le 17 juillet 2026, le film a trouvé un nouveau public. Finalement, le canapé lui va plutôt bien : deux heures d’action, Glen Powell poursuivi à travers le pays et une dystopie qui laisse suffisamment de choses à discuter une fois le générique lancé.

Quid du roman ?

C’est peut-être encore la meilleure raison de revoir Running Man. Car si Edgar Wright se rapproche beaucoup plus de Stephen King que la version Schwarzenegger, le roman reste plus noir, plus sec et franchement plus désespéré.

Chez King, Ben Richards n’a rien d’un héros destiné à mener une révolution. C’est un homme pauvre, en colère, poussé dans un jeu mortel parce qu’il n’a plus d’autre moyen de payer les soins de sa fille. Et derrière la chasse à l’homme se dessine une société autrement plus glauque : pollution massive, pauvreté devenue presque une condition permanente, télévision utilisée pour distraire les classes populaires et manipulation des images de Richards pour le faire passer pour un monstre en marge. Écrit au début des années 1970 et situé en 2025, le roman avait quelques intuitions plutôt musclées !

Surtout, King ne lui offre quasiment aucune porte de sortie. Là où Edgar Wright transforme progressivement Richards en symbole de révolte, le livre va jusqu’au bout de son nihilisme avec une conclusion beaucoup plus violente qu’on ne vous dévoilera pas ici. Le réalisateur a d’ailleurs choisi de ne pas la reproduire, tout en conservant un clin d’œil évident au final imaginé par King.

Autrement dit, le film court après le spectacle ; le roman, lui, court surtout après une société qui a déjà perdu la partie.

Questions fréquentes

Est-ce que Running Man est un remake ?

Pas exactement. Le film de 2025 est la deuxième adaptation du roman de Stephen King, pas une reprise du film de 1987. Edgar Wright est reparti du livre, dont la version avec Arnold Schwarzenegger ne conservait que l'idée du jeu télévisé et quelques noms. La traque de trente jours à travers le pays, absente du film de 1987, revient dans celui de 2025.

Quelles sont les critiques du film Running Man ?

Elles sont partagées. La presse française a été sévère, Télérama lui accordant deux étoiles sur cinq. Le public est nettement plus favorable : 3,3 sur 5 sur AlloCiné, 3,7 sur 5 sur UGC et 6,3 sur 10 sur IMDb. On lui reproche un scénario prévisible et une durée de deux heures treize ; on lui reconnaît son rythme, sa lisibilité et un propos sur la télévision et la post-vérité qui frappe juste.

Où trouver le film Running Man ?

Sur CANAL+ et myCANAL depuis le 17 juillet 2026 pour les abonnés, en VOD à l'achat ou à la location depuis le 18 mars 2026, et en DVD, Blu-ray et 4K Ultra HD depuis le 25 mars 2026, chez Paramount Pictures France.

Qui est le premier Running Man ?

Cela dépend de ce que l'on cherche. Dans le roman comme dans les deux films, le concurrent que l'on suit s'appelle Ben Richards. Le premier acteur à l'avoir incarné est Arnold Schwarzenegger, en 1987, dans le film de Paul Michael Glaser ; Glen Powell lui a succédé en 2025.

De quel livre Running Man est-il tiré ?

Du roman Running Man, de Stephen King, publié en 1982 sous le pseudonyme de Richard Bachman. Il a paru en France chez Albin Michel en 1988 et se trouve aujourd'hui en poche, dans la traduction de Frank Straschitz.

Sources

Le magazine Carrefour Savoirs, n°322, avril 2026, page 40 ; fiche produit chez ESC Distribution.

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