D’aucuns le savent : Hollywood adore ressusciter ses vieux films. Même ceux qui n’étaient déjà pas très vivants à leur sortie. Anaconda, le prédateur appartient précisément à cette catégorie. En 1997, Jennifer Lopez, Ice Cube et Jon Voight affrontaient un serpent géant dans un film devenu culte presque malgré lui pour son délicieux parfum de nanar tropical. Près de trente ans plus tard, plutôt que de refaire sérieusement Anaconda, Jack Black et Paul Rudd préfèrent rire avec lui.
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Le secret ? Ne pas se prendre au sérieux
Attention, l’idée n’est pas de celles qui visent les Oscars. Doug et Griff, deux amis d’enfance obsédés par le long-métrage Anaconda, décident de tourner leur propre remake en Amazonie avec quelques amis… et les moyens du bord. Vous le voyez venir : un véritable serpent géant finit par s’inviter sur le tournage.
Le nouvel Anaconda devient donc un film sur des gens qui essaient de refaire Anaconda avant de découvrir qu’ils sont eux-mêmes coincés dans Anaconda. Vous suivez ? On retrouve la patte de Tom Gormican, réalisateur d’Un talent en or massif, où Nicolas Cage jouait déjà une caricature de Nicolas Cage. Un cinéma de pure détente, à l’opposé du frisson de Together, sorti le même mois en vidéo. Le principe est peu ou prou le même ici : prendre un objet de pop culture légèrement ridicule et taquiner gentiment mais sûrement sa réputation.
Jack Black fait du Jack Black (évidemment)
Si Jack Black vous fatigue habituellement, autant le dire d’emblée : ce n’est probablement pas Anaconda qui provoquera chez vous une épiphanie suivie d’un amour soudain. Il gesticule, hurle et s’enthousiasme. Beaucoup. Face à lui, Paul Rudd joue davantage le type qui se demande à quel moment sa vie a dérapé pour en arriver à ce projet. Une opposition qui fait le sel de toute comédie, mais qui fonctionne honnêtement plutôt bien ici.
Jennifer Lopez et Ice Cube, les stars du film original, viennent même participer à la plaisanterie dans leur propre rôle, ce qui ravira les fans du film (plus nombreux qu’on peut se l’imaginer) ! Le message est assez clair : personne ici ne cherche à faire oublier le nanar de 1997 ou à le faire passer pour ce qu’il n’est pas.
« Les plaisanteries les plus courtes… »
Le problème, c’est qu’Anaconda veut être à la fois une parodie, une comédie de potes, un film d’aventure et, de temps à autre, un survival. À force de jouer sur tous les tableaux, la blague finit parfois par traîner en longueur, voire s’essouffler.
D’où un film qui divise franchement. Ceux qui espèrent avoir peur du serpent risquent de rester sur leur faim. Ceux qui veulent regarder Jack Black et Paul Rudd faire les idiots dans la jungle sont nettement mieux servis.
Questions fréquentes
Anaconda de 2025 est-il un remake du film de 1997 ?
Non, et les auteurs y insistent. C'est une comédie originale dont les personnages tentent de tourner un remake d'Anaconda. Le film de 1997 existe à l'intérieur de celui de 2025 comme un objet de culte que les héros vénèrent. Les deux vedettes de l'original, Ice Cube et Jennifer Lopez, y font d'ailleurs une apparition dans leur propre rôle.
Où voir Anaconda ?
Le film de 2025 est sur CANAL+ et myCANAL depuis juillet 2026, en VOD depuis le 29 avril 2026, et en DVD et Blu-ray depuis le 6 mai 2026. Le film de 1997, Anaconda, le prédateur, est disponible sur Netflix.
Qui joue dans Anaconda de 2025 ?
Jack Black et Paul Rudd en tête d'affiche, avec Steve Zahn, Thandiwe Newton, Daniela Melchior et Selton Mello. Ice Cube et Jennifer Lopez apparaissent dans leur propre rôle.
Le film est-il bon ?
Cela dépend entièrement de ce que vous venez y chercher. Les notes françaises sont basses, 1,8 sur 5 côté presse et 1,7 sur 5 côté spectateurs, et le principal reproche porte sur le mélange des tons. Le film a pourtant très bien marché dans le monde, et il est arrivé en tête du Top 10 de CANAL+. C'est une farce pour amateurs de Jack Black et de Paul Rudd, pas un film de serpent.
L'anaconda du film existe-t-il vraiment ?
L'espèce existe, la taille non. L'anaconda vert, Eunectes murinus, est le plus gros serpent connu au monde : le Bioparc de Doué-la-Fontaine cite des spécimens allant jusqu'à dix mètres et deux cent cinquante kilos, et le Muséum national d'Histoire naturelle le décrit comme un constricteur des marécages d'Amérique du Sud. Le serpent du film, comme celui de 1997, est un animal de cinéma, largement au-delà de ce que la nature produit.
Sources
Le magazine Carrefour Savoirs, n°323, mai 2026 ; fiche du film chez Sony Pictures France.