Romans de la rentrée littéraire 2026 : les couvertures de C’était ça ou mourir, La solitude des professeurs est infinie, Un jour sans femme, Le Palais et Le Bal des foudroyés

Book Club

Rentrée littéraire 2026 : 5 romans pour voyager sans bouger de votre canapé, de Laetitia Colombani à François-Henri Désérable

Photo de Mélissa Chevreuil Par Publié le Mis à jour le 8 min de lecture Book Club

De la jungle panaméenne à la cour de Louis XIV, en passant par une salle de classe de banlieue, les caves de Bourgogne et quatre continents : les romans de cette rentrée ont pour particularité de nous faire voir du pays. Et pas seulement au sens géographique du terme ! Notre humble sélection de titres choisis.

Qu’est-ce qu’un bon roman ? Il y a probablement autant de réponses que d’individus. Pour certains, tout est dans l’écriture, du choix des mots à la poésie des tournures. Pour nombre de lecteurs, il s’agit surtout d’addiction aux twists : si l’envie pressante de tourner la page pour savoir ce qui suivra le dernier coup de théâtre n’est pas au rendez-vous, alors non, le roman n’est pas à la hauteur. Et enfin, pour d’autres, l’ouvrage tenu dans les mains doit au moins avoir le pouvoir de faire entrer dans un monde encore inconnu. Pour ce faire, pas besoin que l’intrigue prenne place à l’autre bout du monde. Parfois, une salle de classe de banlieue parisienne peut suffire, surtout quand elle se révèle aussi étrangère que la cour de Versailles en 1661 ou les caves où dorment les grands crus de Bourgogne. Tout dépend de celle ou celui qui ouvre la porte.

C’est le fil rouge de ces cinq romans que nous avons choisi de vous présenter au cours de ces prochaines lignes. Chacun nous entraîne sur un territoire très particulier, avec ses propres règles, ses violences, ses plaisirs et son vocabulaire. Thélyson Orélien narre l’exil à hauteur d’homme, Yannick Haenel retourne à l’école, Laetitia Colombani imagine une grève mondiale des femmes, François-Henri Désérable fait du vin un roman d’aventures et Camille Pascal nous ramène au moment précis où un jeune Louis XIV décide qu’il sera désormais le seul à régner.

Thélyson Orélien, C’était ça ou mourir : l’odyssée d’un prof haïtien

Jonas Dorléon enseigne l’histoire-géographie à Port-au-Prince avant que son quartier ne s’embrase. Il prend alors la route, direction la République dominicaine, les autobus surchauffés, la jungle du Darién, l’Amérique centrale… avec un objectif limpide, atteindre un jour le Canada. Mais aux portes des États-Unis, il se retrouve seul face aux agents de l’ICE.

Attention, C’était ça ou mourir ne se lit pas comme on regarderait un reportage sur les routes migratoires comme on peut parfois en voir sur les chaînes d’infos en continu. Thélyson Orélien raconte l’exil par le corps : la marche sans fin, le ventre qui crie famine, les blessures qui témoignent du chemin parcouru, la peur comme un bouclier, mais aussi ces moments où le rire devient l’unique façon de tenir debout, qu’il soit sincère ou non. Né en Haïti en 1988 et installé au Québec, l’écrivain signe avec ce premier roman un livre qui a rencontré un succès considérable outre-Atlantique avant son arrivée chez Grasset le 19 août.

C’était ça ou mourir – Thélyson Orélien

Le livre dont on parle

C’était ça ou mourir – Thélyson Orélien

À partir de 21,50 €

Voir sur Carrefour.fr

Yannick Haenel, La solitude des professeurs est infinie : seul face à la classe

Il y a une solitude assez particulière à se retrouver debout face à une trentaine d’élèves et à devoir, soudainement, leur apprendre quelque chose. Jean Deichel la découvre à ses risques et périls lorsqu’il effectue son stage de professeur de français dans un collège de banlieue parisienne. La nuit, il dort dans un club de tennis à Deuil-la-Barre. Et le jour, il fait l’expérience de ce que l’École peut avoir de violent, d’épuisant et, parfois aussi lors de moments de grâce, de miraculeux.

Ça n’aura pas échappé à certains lecteurs : Deichel n’est pas tout à fait un inconnu chez Yannick Haenel, qui utilise ce double romanesque depuis plusieurs livres ! Et l’auteur sait plutôt bien de quoi il parle puisqu’il a lui-même enseigné le français en banlieue parisienne. La solitude des professeurs est infinie fait aussi résonner l’assassinat d’un confrère, sans se transformer pour autant en manifeste politique sur l’Éducation nationale. C’est avant tout un récit d’apprentissage, celui d’un homme qui pensait venir enseigner et découvre tout ce qu’une classe peut lui apprendre.

La solitude des professeurs est infinie – Yannick Haenel

Le livre dont on parle

La solitude des professeurs est infinie – Yannick Haenel

À partir de 21,50 €

Voir sur Carrefour.fr

Laetitia Colombani, Un jour sans femme : et si elles s’arrêtaient toutes ?

Le 24 octobre 1975, près de neuf Islandaises sur dix cessent de travailler. Pas seulement au bureau : elles interrompent aussi les tâches domestiques dans leur propre foyer ainsi que la garde des enfants. L’Islande découvre alors très concrètement ce que devient un pays lorsque les femmes décident, pendant une journée, de ne plus le faire tourner. Cinquante ans plus tard, cet épisode historique fournit à Laetitia Colombani le point de départ de son roman.

Dans Un jour sans femme, Katla veut transformer ce précédent en grève mondiale. Son appel relie Michiko au Japon, Ana María au Salvador et Hawa au Sénégal, chacune confrontée à une forme différente de violence ou d’injustice. Les lecteurs de La Tresse reconnaîtront le dispositif de destins croisés si cher à Colombani, c’est-à-dire des femmes éloignées de milliers de kilomètres dont les actions futures finissent par se répondre. Et cette fois, le fil invisible qui les relie a une date : le 8 mars.

Un jour sans femme – Laetitia Colombani

Le livre dont on parle

Un jour sans femme – Laetitia Colombani

À partir de 20,90 €

Voir sur Carrefour.fr

François-Henri Désérable, Le Palais : le vin comme terrain d’aventure

Un « palais absolu », ce n’est pas seulement une jolie formule utilisée pour flatter les amateurs de grands crus. Arun Kumar possède une mémoire des arômes presque prodigieuse et compte bien s’en servir pour changer le cours de son existence. Adopté à huit ans par un couple de Beaunois, il découvre le vin en cachette dans les cuisines du restaurant familial. Ce qui aurait pu rester une initiation devient le point de départ d’une aventure qui le mène des bidonvilles de Delhi aux caves de Bourgogne, puis jusqu’aux Marquises et à Manhattan.

François-Henri Désérable connaît suffisamment le vin pour en faire tout un univers très ouvert sans le transformer en cours d’œnologie élitiste. Et c’est sans doute là tout l’intérêt du Palais : le grand cru sert moins de sujet que de passeport. Derrière les bouteilles, l’auteur parle surtout de mémoire, de revanche sociale, de transmission et de cette étrange faculté qu’ont certaines saveurs de nous ramener instantanément quelque part.

Le Palais – François-Henri Désérable

Le livre dont on parle

Le Palais – François-Henri Désérable

À partir de 23 €

Voir sur Carrefour.fr

Camille Pascal, Le Bal des foudroyés : 1661, l’année où le roi prend tout

En 1661, Louis XIV a vingt-deux ans et personne n’imagine encore tout à fait le Roi-Soleil. Mazarin agonise au milieu de la fortune considérable accumulée pendant ses années au pouvoir, Fouquet affiche crânement la sienne, Colbert calcule et le jeune roi semble davantage préoccupé par les fêtes et les amourettes. Puis Mazarin passe de vie à trépas. Et Louis XIV annonce qu’il gouvernera désormais lui-même.

On connaît la suite, notamment la chute spectaculaire de Nicolas Fouquet, arrêté quelques mois après avoir ébloui la cour dans son château de Vaux-le-Vicomte. Via Le Bal des foudroyés, Camille Pascal choisit de raconter ce moment comme un bal où chacun avance sans savoir encore qui sera foudroyé. Comme dans L’Été des quatre rois, qui lui avait valu le Grand Prix du roman de l’Académie française en 2018, l’Histoire devient ici un théâtre peuplé d’ambitions, de fortunes clinquantes et de courtisans qui feraient mieux de surveiller où souffle le vent pour ne pas se brûler les ailes.

Le Bal des foudroyés – Camille Pascal

Le livre dont on parle

Le Bal des foudroyés – Camille Pascal

À partir de 22,50 €

Voir sur Carrefour.fr

Questions fréquentes

Le voyage raconté dans C'était ça ou mourir est-il inspiré de parcours réels ?

Le roman est une fiction, mais la route empruntée par Jonas existe bien. La traversée du Darién, cette zone de jungle entre la Colombie et le Panama, est devenue l’une des étapes les plus dangereuses des routes migratoires vers l’Amérique du Nord. Thélyson Orélien choisit justement de raconter cette réalité non par les chiffres, mais à hauteur d’homme.

Pourquoi Yannick Haenel connaît-il aussi bien le monde des professeurs ?

Parce qu’avant de devenir écrivain à plein temps, il a lui-même enseigné le français en banlieue parisienne. Jean Deichel, le héros de La solitude des professeurs est infinie, est par ailleurs son double romanesque récurrent. Le livre joue donc volontairement sur cette frontière entre souvenirs personnels et fiction.

La grève racontée dans Un jour sans femme a-t-elle vraiment eu lieu ?

Oui, du moins celle qui inspire le roman. Le 24 octobre 1975, l’immense majorité des Islandaises ont cessé leurs activités professionnelles et domestiques pour rendre visible le poids de leur travail dans la société. La grève mondiale imaginée par Laetitia Colombani et ses quatre héroïnes relève, elle, de la fiction.

Faut-il aimer le vin pour apprécier Le Palais ?

Heureusement, non ! Le vin fournit au roman son univers, ses sensations et une partie de son vocabulaire, mais Le Palais est avant tout un récit d’apprentissage et d’aventures. On peut donc ne rien connaître aux grands crus de Bourgogne et suivre parfaitement Arun dans son voyage.

Pourquoi l'année 1661 est-elle si importante dans Le Bal des foudroyés ?

Parce qu’elle marque un tournant majeur du règne de Louis XIV. À la mort de Mazarin, le jeune roi décide de gouverner personnellement sans nommer de nouveau principal ministre. Quelques mois plus tard, Nicolas Fouquet est arrêté. C’est le début de la prise de pouvoir personnelle du monarque qui construira bientôt Versailles et sa légende de Roi-Soleil.

Quel est le point commun entre ces cinq romans ?

Ils utilisent tous le roman comme une porte d’entrée vers un univers qui possède ses propres codes : les routes de l’exil chez Orélien, l’École chez Haenel, les luttes féministes chez Colombani, le vin chez Désérable et la cour du XVIIe siècle chez Pascal. Des mondes très éloignés les uns des autres, mais avec la même promesse : en ressortir en sachant quelque chose que l’on ignorait en entrant.

Sources

Fiches des éditeurs et diffuseurs : Grasset (C’était ça ou mourir), Gallimard (La solitude des professeurs est infinie, Le Palais), L’Iconoclaste (Un jour sans femme), Interforum (Le Bal des foudroyés).

À lire

Voir en rayon
Un jour sans femme – Laetitia Colombani
N°1 Un jour sans femme – Laetitia Colombani
20,90 € Voir
Livre Destins de Champions – Tome 26 – Une biographie de Pelé
N°2 Livre Destins de Champions – Tome 26 – Une biographie de Pelé
5,90 € Voir
Manga Dragon Ball Super Tome 09 – Conclusion et dénouement GLENAT
N°3 Manga Dragon Ball Super Tome 09 – Conclusion et dénouement GLENAT
7,20 € Voir
K-POP Demon Hunters – pour les fans !
N°4 K-POP Demon Hunters – pour les fans !
6,95 € Voir
BD Dad – Tome 12 – Chaos Bang
N°5 BD Dad – Tome 12 – Chaos Bang
12,95 € Voir
Cuisinons plus, dépensons moins – 15 produits indispensables en 100 recettes – Laurent Mariotte
N°6 Cuisinons plus, dépensons moins – 15 produits indispensables en 100 recettes – Laurent Mariotte
19,90 € Voir