Sur le papier, tout ressemble à une vaste opération nostalgie. Surprenant, quand on sait que Madonna a passé quarante ans à suivre une seule règle : ne jamais revenir en arrière. À 68 ans, elle fait désormais marche arrière et retourne à l’un des sommets de sa carrière pour fabriquer un album qui regarde simultanément vers 1982, 2005 et 2026. Rien que ça ! Pour une artiste qui a fait de la réinvention sa signature fétiche, la nouvelle provocation consiste peut-être à assumer la répétition ?
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Et le public a suivi. Avec 134 000 unités écoulées lors de sa première semaine américaine, Madonna signe son meilleur démarrage depuis 2014.
Un objet anti-TikTok ?
Madonna n’a pas seulement ressorti Stuart Price du carnet d’adresses. Elle partage ce goût des retrouvailles avec les Rolling Stones, de retour avec Foreign Tongues. Elle a repris l’idée qui faisait de Confessions on a Dance Floor un objet si singulier : un mix continu, conçu comme un set à faire bouger les foules, où les morceaux se fondent les uns dans les autres sans silence.
Confessions II reprend le principe à la lettre : soixante-quatre minutes d’un seul tenant, ponctuées d’interludes parlés. À l’heure de Spotify, TikTok et des titres conçus pour survivre isolément dans une playlist, le choix paraît presque encore plus osé et radical qu’en 2005.
La vraie suite de Confessions n’est donc pas dans les synthés ou les BPM. Elle est dans cette vieille idée selon laquelle danser peut encore nécessiter soixante-quatre minutes d’attention, sans pause ni temps mort.
Madonna, guide de son propre musée
La facilité serait de croire que Madonna est simplement nostalgique de 2005. Elle semble plutôt nostalgique de toutes ses époques à la fois ! « Danceteria » porte le nom du club new-yorkais où elle se produisait au début des années 1980. Stuart Price renvoie évidemment à Confessions. Mirwais, de retour à la production, ramène aux années Music et American Life.
Confessions II fonctionne ainsi moins comme la suite d’un album que comme une visite guidée de la mythologie Madonna par Madonna elle-même. C’est nouveau pour une artiste qui a longtemps refusé d’être réduite à ses tubes passés. Après le Celebration Tour, qui parcourait quatre décennies de carrière, elle semble avoir accepté une évidence : son passé n’est plus quelque chose dont elle doit s’échapper. Il est devenu une arme dont elle peut être fière.
Et pour éviter que ce matériau ne se transforme en musée où le futur est ignoré, elle fait entrer le présent : Sabrina Carpenter sur « Bring Your Love », Feid, Stromae, sa fille Lola Leon, mais aussi Andrew Watt, Cirkut, Tainy et Martin Garrix à la production. Madonna n’est plus seulement en compétition avec les artistes qu’elle a contribué à rendre possibles : elle les fait entrer dans son propre récit. Ce n’est pas tant qu’elle leur passe le flambeau, puisqu’elle partage directement avec eux le feu qui l’anime encore.

Le club comme machine à remonter le temps
En 2005, Madonna utilisait déjà le disco pour regarder en arrière tout en donnant l’impression d’être en avance. « Hung Up » recyclait Abba pour fabriquer un morceau furieusement contemporain, que l’on écoute encore aujourd’hui sans modération.
Vingt et un ans plus tard, elle applique le même procédé, à une différence près : Madonna elle-même fait désormais partie des références historiques qu’elle recycle. Voilà peut-être le véritable sujet de Confessions II. Après avoir passé sa vie à recycler la culture pop, Madonna est devenue à son tour une archive vivante de la culture pop.
Si vous ne devez écouter qu’un morceau, « Love Sensation » reste la meilleure porte d’entrée. Mais Confessions II a été conçu pour être écouté du début à la fin, sans interruption, jusqu’à en faire tremper vos vêtements de sueur et d’euphorie… et cela jusqu’au bout de la nuit.
Les singles, dans l'ordre
Trois titres ont été détachés de l'album, et ils ne racontent pas la même chose.
| Le titre | Sorti le | Ce qu'il vaut |
|---|---|---|
| « Bring Your Love », avec Sabrina Carpenter | 30 avril 2026 | Le duo intergénérationnel, très marqué par le son dance du début des années 1990. 29ᵉ au Royaume-Uni. Pour celles et ceux qui ont raté Coachella ! |
| « Love Sensation » | 4 juin 2026 | Le plus efficace en club : numéro un du classement Dance Airplay et 8ᵉ au Royaume-Uni. |
| « Danceteria » | 10 juillet 2026 | Du nom du club new-yorkais où elle a fait ses débuts sur scène au début des années 1980. |
Si vous ne devez en écouter qu'un pour vous décider, prenez « Love Sensation ». Mais l'album entier reste le bon format, c'est pour cela qu'il a été fabriqué.
Questions fréquentes
Quand est sorti Confessions II ?
Le 3 juillet 2026, chez Warner. C'est le quinzième album studio de Madonna, enregistré entre 2024 et 2026 à New York et à Londres. Il est présenté comme la suite de Confessions on a Dance Floor, paru en novembre 2005.
Que vaut l'album Confessions II selon la critique ?
Il obtient 82 sur 100 sur Metacritic, soit un accueil très favorable. Les critiques le décrivent comme le meilleur disque de Madonna depuis Confessions on a Dance Floor, et saluent l'écriture et la production. Le Monde souligne une chanteuse revenue sur les pistes de danse, dans sa zone de confort, et touchante pour cette raison.
Qui produit Confessions II ?
Madonna coproduit l'album avec Stuart Price, celui de Confessions on a Dance Floor en 2005. Le disque fait aussi appel à Andrew Watt, Cirkut, Tainy, Martin Garrix et Mirwais, ce dernier ayant produit deux albums de Madonna au début des années 2000.
Qui chante avec Madonna sur cet album ?
Sabrina Carpenter sur « Bring Your Love », Stromae, Feid, et Lola Leon, la fille de la chanteuse, créditée comme artiste sur le disque.
Faut-il avoir écouté le premier Confessions ?
Non, mais cela aide tout de même ! Les deux disques partagent une forme, le mix continu, et un producteur. Écouter l'original de 2005 juste avant donne au second toute sa portée, et l'enchaînement des deux fait une soirée entière.
Quelle est la chanson la plus vendue de Madonna ?
Ses plus gros succès commerciaux restent « Like a Virgin » (1984), « Vogue » (1990), « Frozen » (1998) et « Hung Up » (2005), selon les marchés et les modes de comptage. Aucun classement unique ne fait consensus, les périodes de vente physique et de streaming n'étant pas comparables.
Sources
Le magazine Carrefour Savoirs, n°325, juillet 2026, pages 32 et 33 ; fiche produit chez Parlophone / Warner.