Karma, l’album où Bigflo & Oli reviennent à leurs premières amours
Au départ, ça devait être une mixtape, un petit projet pour se faire plaisir entre deux tournées. Sauf qu’on ne se refait pas : la mixtape a grossi, grossi, et elle est devenue un album en soi, le cinquième, sorti un vendredi 13. Superstitieux ? Visiblement, les frangins ne le sont pas. Oli parle d’« un retour aux sources avec des textes introspectifs », d’un disque « plus cohérent de A à Z et plus libre aussi ». Traduction : moins de refrains taillés pour passer en boucle à la radio, plus de texte, plus de rap, et deux frères qui écrivent d’abord pour eux avant d’écrire pour les playlists.
Ça s’entend dès « Family Business », qui ouvre le bal sur la famille et l’enfance toulousaine. Ça se confirme sur la suite, entre la célébrité et ses travers, les médias, les écrans qui avalent tout. Pour une fois, chacun s’offre même un moment à lui : « W_Osaka_hotel.mp3 » pour Bigflo, évidemment (on lui connaît un amour inconditionnel pour le Japon), « tumemanques » pour Oli. Il y a aussi des pas de côté, comme « Picasso », qui file vers la cumbia avec un refrain en espagnol. Et puis il y a « Karma », le morceau-titre, qui salue la mémoire du musicien Naâman, disparu en février 2025. Pour en tourner le clip, le duo est allé jusqu’au Népal, et au retour, il s’est retrouvé bloqué plusieurs jours à Dubaï. Le karma a parfois un sens de l’humour discutable.
Un album sans invité, mais un public au rendez-vous
Sortir un disque 100 % rap sans le moindre featuring en 2026, c’est un peu comme aller à une soirée sans son meilleur ami : un pari risqué (même Ninho avait convié trois invités sur M.I.L.S 4). Mais un pari payant. Karma entre directement à la deuxième place du Top Albums, juste derrière Grand garçon de PLK, avec un peu plus de 30 000 équivalents ventes en première semaine. Et le détail qui fait plaisir : près des deux tiers sont des disques physiques. À l’heure où tout se consomme en streaming, le public de Bigflo & Oli continue de pousser la porte des magasins. Ça tombe bien, il y en a encore en rayon…
Pour les puristes, l’édition vinyle débarque le 16 octobre. Trois jours avant Bercy : autant dire que vous n’avez plus aucune excuse pour ne pas connaître les paroles !
Oli, du « philosophe sans la barbe » au kickeur à la mitraillette
Car cette Arena, c’est aussi l’occasion de voir la progression des deux frères, notamment celle d’Oli, qui nous a tapé dans l’œil. En 2015, sur La Cour des grands, le jeune homme se présentait en « philosophe sans la barbe », le titre de son tout premier solo. Onze ans plus tard, la barbe a poussé, et le flow avec. Sur Karma, le cadet du duo ne se contente plus de raconter : il accélère, il découpe, il cogne. Il le dit lui-même, il s’est « rapproché » de Kendrick Lamar, Baby Keem, Eminem et J. Cole, pendant que son grand frère restait « très branché Drake ». Ça s’entend sur « Focus » ou « Le goût du sel », où les deux frères s’offrent des exercices de style nettement plus techniques qu’à leurs débuts.
Le paradoxe, c’est que son solo sur l’album, « tumemanques », est une ballade autotunée sur le deuil, à mille lieues du kickeur qui peut enfin prouver de quoi il est capable. Pour mesurer la nouvelle frappe d’Oli, il faut plutôt écouter « Coup d’État », un extrait de son futur projet solo dévoilé fin mars dans « Planète Rap », sur Skyrock. Débit de mitraillette, énergie de cyclone : la vidéo a cartonné sur Instagram, et les commentaires ont résumé l’affaire en un mot : « monstrueux ».
Ce projet, un EP d’au moins dix titres signé sous son propre nom, sans alias, est attendu d’ici la fin de l’année. Oli y promet « un univers totalement différent », avec des thèmes qu’il n’aurait pas abordés aux côtés de son frère. Le cadet a grandi, et il compte bien le faire entendre.
Bigflo & Oli et Toulouse : les patrons de la Ville rose
À Toulouse, Bigflo & Oli ne sont plus seulement des enfants du pays, ce sont des institutions. Ils ont grandi dans le quartier des Minimes, usé leurs baskets au lycée Saint-Sernin et, dès leurs débuts, signé un clip au titre sans ambiguïté : « Fiers d’être toulousains ». Le message est passé, et la ville le leur rend au centuple !
Supporters de toujours du Stade Toulousain, les deux frères ont assuré le show de la mi-temps d’une finale du Top 14 et composé un titre en l’honneur du club, « Allez le Stade ! ». Logique, donc, qu’ils aient pris possession de son antre. En mai 2019, ils remplissent le Stadium deux soirs de suite, devant près de 30 000 personnes à chaque fois. En juin 2024, rebelote : deux nouveaux soirs, près de 60 000 spectateurs au total. Ajoutez les sept Zéniths de cette tournée (mais nous y reviendrons), et le calcul est vite fait : à Toulouse, on ne va pas voir Bigflo & Oli, on y retourne, encore et encore, un peu comme les Marseillais savent le faire avec Jul.
Bigflo & Oli, bien plus que des rappeurs
Mais leur vrai coup de maître, c’est le Rose Festival. L’idée pop dès 2018 : offrir à Toulouse un festival à sa hauteur. Le Covid repousse tout, mais en septembre 2022, la première édition s’installe au MEETT, le parc des expositions au nord-ouest de la ville, avec une vingtaine d’artistes à l’affiche. Fin août 2026, la cinquième édition a affiché complet : 120 000 festivaliers en trois jours, 85 artistes et un public à plus de 80 % âgé de moins de 30 ans. Les deux frères ne se contentent pas de prêter leur nom, ils sont investis de A à Z dans le projet : ils choisissent les invités, montent sur scène, et on les a même vus traverser la foule à vélo avec Léna Situations durant ses fameux vlogs d’août (dont on peine à se remettre, mais c’est un autre sujet).
Si le duo a souvent eu un coup d’avance, c’est aussi beaucoup grâce à Flo. Oli le reconnaît sans détour : son grand frère est « brillant en marketing ». Très tôt, les Toulousains ont compris que YouTube ne servait pas qu’à poster des clips et attendre les bras croisés que l’image les fasse décoller. En 2017, ils relancent leur chaîne avec des coulisses de tournée, des freestyles et des vidéos aux côtés du gratin du YouTube game français, comme McFly & Carlito ou Squeezie. En janvier 2020, ils débarquent sur Twitch. Et pour son édition 2025, la Paris Games Week a carrément fait de Bigflo son partenaire créatif. Questionner son sens du marketing nous paraît dès lors impossible et impensable.
La suite s’écrit en solo et coule de source : dans l’émission Popcorn, Flo a annoncé sa propre chaîne YouTube, tournée dans un studio baptisé « Le Loft », avec un format à mi-chemin entre podcast et divertissement, invités, jeux et dégustations compris. Le grand public, lui, suit le mouvement : nommés deux fois aux NRJ Music Awards 2026, dans les catégories Artiste masculin francophone et Concert francophone, les deux frères sont aussi attendus sur la scène de Cannes le 23 octobre. Bref, ils sont partout, tout le temps. Mais surtout en tournée, donc !
Le Karma Tour à l’Accor Arena : deux soirs pour tout donner
La tournée a démarré là où tout a commencé, au Zénith de Toulouse, avec cinq soirs complets au printemps. Les enfants du pays y reviendront même pour deux dates supplémentaires en novembre, soit sept Zéniths dans la Ville rose. À ce stade, ce n’est plus une tournée, c’est une résidence secondaire digne de Céline Dion à Nanterre ! Depuis le 2 octobre, le Karma Tour a repris la route des grandes salles, de Poitiers à Nantes, avant de faire étape à Paname.
Sur scène, les deux frères promettent un spectacle « quasi théâtral », avec écrans, effets visuels et huit musiciens, et n’hésitent pas à parler de leur « show le plus abouti ». On a hâte de vérifier sur pièce. Côté première partie, ils avouent avoir tenté d’embarquer Camille Yembe, sans succès. Pour Paris, la surprise reste entière.
Les billets sont en vente sur les billetteries habituelles, dont Carrefour Spectacles. Et si vous avez de l’endurance, l’Accor Arena enchaîne dès le lendemain avec LE SSERAFIM, le 21 octobre. Du rap toulousain à la K-pop en 24 heures : le meilleur des deux mondes, comme dirait une grande philosophe à perruque blonde, star de Disney Channel.
Concerts de Bigflo & Oli à l’Accor Arena : dates et billetterie (octobre 2026)
| Date | Horaire | Tarifs (hors frais) | Billetterie |
|---|---|---|---|
| Lundi 19 octobre 2026 | 20 h | Fosse : 50 € ; catégorie 2 (balcon) : 65 € ; catégorie 1 (gradins) : 75 € | En vente, pas d’indication de complet |
| Mardi 20 octobre 2026 | 20 h | Fosse : 50 € ; catégorie 2 (balcon) : 65 € ; catégorie 1 (gradins) : 75 € | En vente, pas d’indication de complet |
Questions fréquentes
Quand Bigflo & Oli sont-ils en concert à l'Accor Arena ?
Le duo de frangins pose ses valises deux soirs à Paris, les lundi 19 et mardi 20 octobre 2026 à 20 h, à l’Accor Arena de Bercy. De quoi laisser une seconde chance aux retardataires !
Quand est sorti l'album Karma de Bigflo & Oli ?
Karma est sorti le vendredi 13 mars 2026. C’est le cinquième album studio des deux frères, et sa version vinyle arrive le 16 octobre.
Y a-t-il des featurings sur Karma ?
Eh bien, aucun ! Bigflo & Oli ont voulu un album 100 % rap, sans collaboration. Chacun y signe même un titre en solo, histoire de prouver qu’ils savent aussi se passer l’un de l’autre, le temps d’une chanson.
Combien de titres compte l'album Karma ?
L’album compte treize titres, de « Family Business » à « Les Dieux et les Rois », pour un peu plus de quarante-six minutes d’écoute.
Quel festival Bigflo & Oli ont-ils créé ?
Le Rose Festival, à Toulouse. Imaginé par les deux frères, il a vu le jour en septembre 2022 au MEETT et n’a cessé de grandir depuis : sa cinquième édition, fin août 2026, a réuni 120 000 festivaliers et affiché complet.
Oli sort-il un projet solo ?
Oui. Oli prépare un EP solo d’au moins dix titres, sous son propre nom, attendu d’ici la fin de l’année 2026. Il en a dévoilé un premier extrait, « Coup d’État », en mars sur Skyrock.
Où acheter l'album Karma de Bigflo & Oli ?
Le CD de Karma est disponible sur carrefour.fr, en retrait dans les magasins participants.