Le jeu dont on parle
Ghost of Yotei Complete Edition PS5 SUCKER PUNCH
À partir de 69,99 €
Voir sur Carrefour.frGhost of Yōtei, une vengeance en six chapitres
Ezo, 1603. L’île qui deviendra Hokkaidō, la plus au nord de l’archipel nippon, est encore une terre sauvage, et c’est là qu’Atsu revient régler ses comptes. Seize ans plus tôt, elle a vu sa famille massacrée par les Six de Yōtei, une bande de seigneurs de guerre menée par le seigneur Saito. Le Serpent, l’Oni, le Kitsune, l’Araignée, le Dragon et Saito lui-même : six cibles, six chapitres et la liberté de choisir dans quel ordre on les traque !
La mise en scène emprunte autant aux films de samouraïs (le sabre a décidément la cote sur console, Capcom l’a aussi dégainé avec Onimusha: Way of the Sword) qu’au western spaghetti, et l’ouverture fait son effet. Le scénario, lui, suit un chemin que l’on devine parfois (souvent) à l’avance : c’est un poncif qui peut trahir une certaine paresse, notamment avec des méchants pas toujours à la hauteur de leur réputation. Rien de rédhibitoire en soi, la narration donne malgré tout envie d’aller au bout, mais ceux qui espéraient être bousculés devront chercher ailleurs. La vengeance est un plat qui se mange froid, et parfois un peu réchauffé.
Le monde ouvert de Ghost of Yōtei : se perdre à Ezo et y prendre goût
C’est là que Ghost of Yōtei frappe le plus fort. Pas de mini-carte, pas de boussole : comme dans Tsushima, c’est la nature qui guide. Plus précisément, le vent fait office de boussole puisqu’il indique la direction, un renard ou un oiseau attire l’œil vers un secret, une colonne de fumée signale un campement. Les PNJ et les cartes que l’on achète donnent des indices sur les lieux à fouiller, et une longue-vue permet de repérer les points d’intérêt depuis les hauteurs. Les sources chaudes augmentent la santé, les autels de réflexion font progresser les arbres de talents, et l’on peut planter son campement à peu près n’importe où pour faire un break, améliorer son équipement et recevoir ses alliés autour du feu.

Ezo est sublime de loin : plaines fleuries, forêts de bouleaux, neige qui tombe sur le mont Yōtei. De près, c’est un chouia moins flatteur, avec des visages et certaines textures qui laissent à désirer. Et comme dans beaucoup de mondes ouverts, les camps ennemis à nettoyer finissent par se ressembler après quelques heures de gameplay. Mais la sensation de liberté, elle, ne s’use pas. Rares sont les jeux où l’on fait un détour de vingt minutes simplement parce qu’un arbre avait l’air intéressant.
Les combats de Ghost of Yōtei : cinq armes et beaucoup de caractère
Jin Sakai changeait de posture, Atsu change d’arme. Katana, double katana, lance, kusarigama, ōdachi, sans oublier l’arc et même une arme à feu : chaque lame a ses forces et ses faiblesses face à tel ou tel type d’ennemi, façon pierre-feuille-ciseaux, et l’on passe de l’une à l’autre en un clic. Ajoutez un système de désarmement qui permet de ramasser l’arme d’un adversaire pour la lui renvoyer au visage (et paf !), et les duels gagnent en nervosité ce qu’ils avaient déjà en élégance. C’est l’amélioration la plus unanimement saluée par rapport au premier jeu.

Néanmoins, tout n’est pas aussi réussi. Le loup qui accompagne Atsu, très mis en avant avant la sortie, intervient trop rarement en combat pour marquer les esprits et fait davantage office de petit bonus. Et les phases de plateforme, avec leurs rebords badigeonnés de peinture blanche, rappellent qu’Atsu est bien plus à l’aise sabre en main que suspendue à une falaise. Bonne nouvelle pour les moins aguerris : la difficulté se règle finement, paramètre par paramètre.
Kurosawa, Miike, Watanabe : les modes cinéma de Ghost of Yōtei
Sucker Punch a gardé sa meilleure idée et l’a multipliée par trois. Le mode Kurosawa revient, avec son noir et blanc ultradramatique, son vent renforcé et son grain de vieux film. Il est rejoint par un mode Miike, conçu avec le réalisateur Takashi Miike, qui rapproche la caméra d’Atsu pendant les combats et ajoute de la boue et du sang à l’écran. Et par un mode Watanabe, qui remplace la musique par des morceaux lo-fi supervisés par Shinichirō Watanabe, le créateur de Cowboy Bebop et Samurai Champloo (un régal). Sur le papier, le lo-fi chez les samouraïs, ça sonne comme une blague conçue pour les edits TikTok. Manette en main, ça marche étonnamment bien.
Ce serait pourtant dommage de bouder la bande originale de Toma Otowa, qui mêle instruments japonais et touches de western. Elle fait partie des éléments les plus applaudis du jeu, au même titre que sa direction artistique.
Ghost of Yōtei vaut-il le coup ? Notre verdict
Oui, sans hésiter, à condition de savoir ce que l’on vient chercher. Ghost of Yōtei ne réinvente pas la formule de Tsushima : il la peaufine. Exploration plus libre, combats plus riches et une ambiance qui reste, des mois plus tard, l’une des plus singulières de la PS5. La critique l’a d’ailleurs mieux accueilli que son aîné, avec une moyenne autour de 87 sur Metacritic à sa sortie, et le jeu a été récompensé aux Golden Joystick Awards et aux D.I.C.E. Awards. Les défauts sont connus (scénario paresseux, activités répétitives, plateforme poussive), mais ils pèsent peu face au plaisir de chevaucher dans les plaines d’Ezo.
Côté durée de vie, il faut compter une vingtaine d’heures pour l’histoire principale, une quarantaine en ajoutant les quêtes annexes et bien plus pour décrocher le platine. Et si vous ne l’avez pas encore, autant viser directement la Complete Edition, sortie le 1er octobre 2026 : elle ajoute au jeu l’extension Echoes of Sekigahara, le mode Ennemi Public et le mode coopératif Legends. Pour la vengeance, mieux vaut prévoir large. Et puis, entre ça et le dernier Forza, ça vous coûtera toujours moins cher qu’un vol Paris-Sapporo !
Le jeu dont on parle
Ghost of Yotei Complete Edition PS5 SUCKER PUNCH
À partir de 69,99 €
Voir sur Carrefour.frQuestions fréquentes
Ghost of Yōtei vaut-il le coup ?
Oui, surtout pour les amateurs de mondes ouverts et de jeux de sabre. Il reprend les qualités de Ghost of Tsushima en les améliorant, notamment sur les combats et l’exploration, même si son scénario reste assez classique.
Combien de temps faut-il pour finir Ghost of Yōtei ?
Comptez entre 20 et 25 heures pour l’histoire principale, environ 40 heures en faisant les quêtes annexes et 60 heures ou plus pour terminer le jeu à 100 %. L’extension Echoes of Sekigahara ajoute une dizaine d’heures.
Faut-il avoir joué à Ghost of Tsushima avant Ghost of Yōtei ?
Non ! L’histoire se déroule plus de trois siècles après celle de Ghost of Tsushima, avec une nouvelle héroïne et une nouvelle île. Les deux jeux partagent certes un univers et une patte graphique, mais Ghost of Yōtei se comprend parfaitement seul.
Ghost of Yōtei est-il disponible sur PC ?
Non. Le jeu reste à ce jour une exclusivité PS5, et Sony n’a annoncé aucune version PC.
Quelle version de Ghost of Yōtei acheter ?
La Complete Edition, sortie le 1er octobre 2026, est, comme son nom le laisse deviner, la plus complète : elle contient le jeu, l’extension Echoes of Sekigahara, le mode Ennemi Public et le mode coopératif Legends. Ceux qui possèdent déjà le jeu peuvent passer par une mise à niveau sur le PlayStation Store.
Ghost of Yōtei convient-il aux enfants ?
Non, le jeu est classé PEGI 18 en raison de sa violence. Les combats au sabre sont sanglants, en particulier avec le mode Miike activé.