Couvertures des huit romans en lice pour le prix Goncourt 2026 : Minotaure, Le Fabuleux Piano, Nous aussi, La solitude des professeurs est infinie, L'Inconnue du quai de Javel, Choses que je croyais perdues, De l'autre côté du lac et La Guerre éternelle

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Prix Goncourt 2026 : pour quel livre opter parmi les huit romans en lice ?

Photo de Mélissa Chevreuil Par Publié le Mis à jour le 12 min de lecture Librairie

Minotaure, de Boris Bergmann © Albin Michel ; Le Fabuleux Piano, de Sonia Devillers © Robert Laffont ; Nous aussi, d'Anne Godard © Actes Sud ; La solitude des professeurs est infinie, de Yannick Haenel © Gallimard ; L'Inconnue du quai de Javel, de Philippe Jaenada © Flammarion ; Choses que je croyais perdues, de Clémentine Mélois © L'Arbalète / Gallimard ; De l'autre côté du lac, de Sylvain Prudhomme © Les Éditions de Minuit ; La Guerre éternelle, d'Olivier Rolin © Gallimard

Si l’Académie ne couronnera son lauréat que le 3 novembre, reste que huit romans sont toujours en lice pour glaner la récompense ultime. Alors, parmi une enquête sur un meurtre, un piano dérobé par les nazis ou le récit d’un professeur stagiaire à Mantes-la-Jolie, lequel se glisse dans un panier ou sur la table de chevet ?

Prix Goncourt 2026 : le calendrier à suivre jusqu’au 3 novembre

La course a débuté le 2 septembre avec seize romans. Le 6 octobre, l’Académie Goncourt, présidée par Philippe Claudel, a réduit la liste à huit titres. Prochaine étape le 27 octobre, avec l’annonce des quatre finalistes, puis la proclamation le mardi 3 novembre au restaurant Drouant, où les dix jurés déjeunent et votent depuis plus d’un siècle. Le premier Goncourt avait été remis en 1903 à John-Antoine Nau pour Force ennemie, un nom et une anecdote que vous pouvez toujours retenir pour avoir votre quart d’heure de gloire durant une mondanité.

Le chèque, lui, reste symbolique : dix euros, que les lauréats préfèrent, paraît-il, souvent encadrer plutôt qu’encaisser. Le vrai prix, ce sont évidemment les retombées visibles à travers les ventes. La Maison vide, le roman de Laurent Mauvignier couronné en 2025, a dépassé les 630 000 exemplaires. Excusez du peu ! De quoi donner des idées aux huit candidats de cette année et surtout prouver que oui, ces récompenses ont encore un poids gargantuesque dans la balance. Un sticker « Prix Goncourt » sur une première de couverture demeure un accélérateur de ventes de choix dans une librairie. Reste que le grand gagnant ne sera peut-être pas à votre goût, ou que vous êtes juste trop impatient pour attendre son couronnement avant de jeter votre dévolu sur un livre. C’est pourquoi nous vous résumons, ouvrage après ouvrage, chaque roman encore dans la compétition.

Minotaure, de Boris Bergmann : le roman d’un fils

Pour qui ? Les férus d’autofiction et de récits sur la filiation qui ne pourront pas s’empêcher de s’interroger sur leur propre relation avec leurs parents après la lecture (et qui trouveront d’autres pistes dans notre sélection de livres où les écrivains se racontent).

Le narrateur de Minotaure a cherché à retrouver son père biologique, qui a préféré fuir dès sa naissance. À cette blessure, il répond par un désir démesuré d’amours, de reconnaissance et d’histoires, vécues ou racontées. Il se voit alors en Minotaure, le monstre mythologique enfermé dans un labyrinthe, condamné à errer dans un ramassis de couloirs aussi infinis qu’inextricables. Albin Michel présente ce livre comme le premier roman autobiographique de Boris Bergmann, né à Paris en 1992, qui a déjà publié cinq romans et reçu le prix de la Vocation pour Nage libre.

C’est le petit benjamin de la sélection, et il cumule : Minotaure figure aussi dans la deuxième sélection du prix Renaudot, qui sera décerné le même jour, dans le même restaurant. Il ne lui reste plus qu’à réserver deux couverts !

Le Fabuleux Piano, de Sonia Devillers : une enquête sur un braquage d’instruments

Pour qui ? Les passionnés d’histoire et d’Histoire avec un grand « H », qui ne sont pas insensibles à la musique.

Tout débute grâce à (ou plutôt à cause d’) un piano de concert, volé par les nazis en 1943 chez une famille juive. Dans Le Fabuleux Piano, la célèbre journaliste de France Inter et d’Arte remonte le fil de la spoliation massive des instruments de musique sous l’Occupation, expédiés par wagons entiers vers le Reich. Elle croise la saga des Enoch, éditeurs de musique persécutés, auxquels on doit la naissance des Feuilles mortes, avec l’histoire de sa propre famille, qui a fui la Roumanie communiste en abandonnant un piano que sa grand-mère n’a jamais vraiment oublié…

Après Les Exportés, qui racontait déjà cette fuite, Sonia Devillers poursuit une œuvre où la grande Histoire passe par les petits détails qui, on le sait à force, n’en sont jamais vraiment. Un cadeau idéal pour le ou la mélomane de la famille, celui qui sait jouer les yeux fermés La Lettre à Élise et ne manque jamais de le rappeler lors des dîners festifs. On ne lui en veut pas, à sa place, on ferait sans doute la même chose.

Le Fabuleux Piano – Sonia Devillers

Le livre dont on parle

Le Fabuleux Piano – Sonia Devillers

À partir de 21 €

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Nous aussi, d’Anne Godard : la famille qui ne savait pas dire « je »

Pour qui ? Les lecteurs au cœur bien accroché qui aiment les romans de famille dérangeants et les formes de narration bien singulières.

Dans Nous aussi, une famille catholique aux revenus confortables vit tout entière dans le même immeuble du centre de Paris et passe ses étés dans une maison de montagne, encore une fois commune. C’est simple : ses membres partagent tout, au point de se penser comme une seule entité : aucun n’a jamais appris à dire « je ». Le roman commence quand cette belle image s’érode et que remontent des secrets et des violences longtemps passés sous silence. Anne Godard raconte tout cela au « on », une voix collective qui donne au livre sa précieuse singularité.

C’est le troisième roman de cette professeure de littérature, son premier chez Actes Sud, et l’un des succès de librairie de la rentrée. Il a déjà reçu le prix des Libraires de Nancy Le Point et figure aussi dans la deuxième sélection du Médicis. Un livre fort, à ne pas lire en attendant le repas de Noël, surtout si vous avez une famille envahissante… juste par prudence.

La solitude des professeurs est infinie, de Yannick Haenel : retour en salle de classe

Pour qui ? Les enseignants actuels, en devenir ou retraités, ainsi que tous ceux qui gardent un souvenir ému (ou terrifié, c’est selon) d’un prof de français.

Trente ans après, Jean Deichel, narrateur fidèle des romans de Yannick Haenel, se remémore son année de stage comme professeur de français dans un collège difficile de Mantes-la-Jolie. S’il n’a aucun doute sur sa vocation et sa portée, les faux pas s’accumulent, tout comme la fatigue des trajets et la précarité. Ses espoirs se réduisent un à un, notamment ceux qu’il plaçait en sa collègue Sabine, et il se replie peu à peu dans la solitude du titre…

Agrégé de lettres, Yannick Haenel a lui-même enseigné pendant plus de quinze ans, ce qui donne à La solitude des professeurs est infinie ce goût d’anecdote vécue et rend sa résonance d’autant plus forte avec l’actualité de cette rentrée 2026. L’auteur n’est pas un débutant des listes de prix : il a déjà reçu l’Interallié pour Jan Karski et le Médicis pour Tiens ferme ta couronne. Le livre figure aussi dans la deuxième sélection du Femina, et nous l’avions déjà glissé dans notre sélection de romans pour voyager sans bouger de votre canapé. Le cadeau idéal pour mieux comprendre votre ancien prof de français ou celui de votre enfant, qu’on ne connaît finalement pas tant que ça hors des conseils de classe.

La solitude des professeurs est infinie – Yannick Haenel

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La solitude des professeurs est infinie – Yannick Haenel

À partir de 21,50 €

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L’Inconnue du quai de Javel, de Philippe Jaenada : un cold case de 1949

Pour qui ? Les amateurs de true crime qui ont déjà binge-watché une dizaine de fois Cold Case, mais aussi de récits-enquêtes qui prennent leur temps.

En 1949, Louise Cansot, modèle favorite des peintres de Montparnasse qui vivait à l’hôtel, est retrouvée assassinée quai de Javel, à Paris. L’enquête piétine et ne mène nulle part, si bien que l’affaire est classée six mois plus tard. Soixante-seize ans après, Philippe Jaenada la rouvre. Il relit tous les Maigret, arpente les lieux jusqu’à Tréguier, où Louise a grandi, et finit par désigner un coupable possible tout en rendant à la victime la mémoire qu’on lui avait volée.

Philippe Jaenada présente L’Inconnue du quai de Javel à la librairie Mollat. © Librairie Mollat / YouTube

On retrouve dans L’Inconnue du quai de Javel la méthode qui avait valu à l’auteur le prix Femina en 2017 pour La Serpe : une enquête minutieuse, mais aussi beaucoup d’humour et des digressions en cascade qui empêchent le lecteur de broyer du noir. Plus de cinq cents pages, tout de même. Nous vous parlions déjà de lui dans notre sélection de romans à suspense de la rentrée littéraire, et quelque chose nous dit que Philippe Jaenada n’a pas fini de nous tenir en haleine.

L’inconnue du quai de Javel – Philippe Jaenada

Le livre dont on parle

L’inconnue du quai de Javel – Philippe Jaenada

À partir de 23 €

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Choses que je croyais perdues, de Clémentine Mélois : l’inventaire d’un déménagement

Pour qui ? Les lecteurs qui aiment rire en début de page pour mieux pleurer à la fin de la suivante, et tous ceux qui gardent encore et encore des cartons de souvenirs à la cave.

Après une rupture, une femme prépare son déménagement. Chaque objet qu’elle emballe dans le papier journal ravive un pan de sa vie : un verre Musclor cassé, un ensemble de fast-fashion, des coupures de presse régionale, un moule à kouglof. Défilent alors tour à tour l’enfance en Lorraine, le job dans un bar, la famille et l’histoire d’amour qui s’achève, racontée à l’homme qui ne répond plus. Choses que je croyais perdues mêle humour et chagrin en un peu moins de deux cents pages.

Artiste passée par les Beaux-Arts de Paris, Clémentine Mélois a reçu le prix Méduse pour Alors c’est bien, vibrant hommage à son père sculpteur. Évidemment, utiliser un déménagement n’est pas le prétexte le plus subtil pour évoquer les regrets d’une vie (le mécanisme un objet = un souvenir = une histoire pourrait même relever de la facilité scénaristique selon certains).

Il n’empêche : c’est le livre le plus court de la sélection, mais aussi celui qui vous mettra dans tous vos états. Et sans doute celui qui vous fera regarder votre débarras de souvenirs et de bons sentiments d’un autre œil. Ou enfin le trier, soyons optimistes.

Choses que je croyais perdues – Clémentine Mélois

Le livre dont on parle

Choses que je croyais perdues – Clémentine Mélois

À partir de 19 €

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De l’autre côté du lac, de Sylvain Prudhomme : une disparition en montagne

Pour qui ? Les amateurs de romans à suspense, de grands espaces et d’histoires qui flirtent avec le genre fantastique.

Paola, photographe d’une quarantaine d’années qui travaille sur plaques de verre, revient d’un séjour dans une réserve naturelle. Le narrateur la croise brièvement, puis apprend qu’elle a disparu en montagne, en plein hiver. Refusant de la croire passée de vie à trépas, il reconstitue ses derniers mois auprès de son ancien amant, d’archéologues, de chercheurs et de sa galeriste, et découvre des faits troublants. Au programme : un corps, des présences étranges et une avalanche…

Prix Femina 2019 avec Par les routes, Sylvain Prudhomme signe avec De l’autre côté du lac un roman qui tient autant du roman noir que de la rêverie. Un mélange des genres qui fonctionne et qui fait toute la sève de l’œuvre. Fun fact, ou fact à minima : il est publié aux Éditions de Minuit, déjà couronnées l’an dernier avec Laurent Mauvignier.

De l’autre côté du lac – Sylvain Prudhomme

Le livre dont on parle

De l’autre côté du lac – Sylvain Prudhomme

À partir de 22 €

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La Guerre éternelle, d’Olivier Rolin : de Troie à Gaza, il n’y a qu’un pas (ou qu’une page)

Pour qui ? Les lecteurs d’Homère, d’odyssées nappées de réflexions sur la guerre, et ceux qui ont toujours, pas si secrètement, préféré Hector à Achille.

Installé depuis plus d’un an près du site de Troie, Olivier Rolin décide de partir sur les traces de L’Iliade. Il s’attache moins à la colère d’Achille qu’à la mélancolie d’Hector, et relie cette guerre pourtant antique aux conflits qu’il a couverts ou traversés, de Srebrenica à Alep, de l’Ukraine à Gaza. La Guerre éternelle se referme sur une consolation paradoxale, celle que seule la littérature peut offrir.

Prix Femina 1994 pour Port-Soudan, Olivier Rolin, né en 1947, est le doyen de la sélection. Un livre à offrir à ceux qui pensent qu’Homère, c’est pour les khâgneux, ou que L’Odyssée de Christopher Nolan est le seul médium qui vaille : ils risquent de changer d’avis.

La Guerre éternelle – Olivier Rolin

Le livre dont on parle

La Guerre éternelle – Olivier Rolin

À partir de 20 €

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Prix Goncourt 2026 : le comparatif des huit romans en lice

RomanAuteurÉditeurParutionPrix (octobre 2026)
MinotaureBoris BergmannAlbin Michel19 août 202620,90 €
Le Fabuleux PianoSonia DevillersRobert Laffont27 août 202621 €
Nous aussiAnne GodardActes Sud19 août 202620 €
La solitude des professeurs est infinieYannick HaenelGallimard20 août 202621,50 €
L’Inconnue du quai de JavelPhilippe JaenadaFlammarion19 août 202623 €
Choses que je croyais perduesClémentine MéloisL’Arbalète / Gallimard20 août 202619 €
De l’autre côté du lacSylvain PrudhommeMinuit27 août 202622 €
La Guerre éternelleOlivier RolinGallimard20 août 202620 €

Envie d’en savoir davantage sur les lauréats d’hier en attendant celui de demain ? Pierre Lemaitre, Goncourt 2013 pour Au revoir là-haut, a droit à son portrait sur Cult’, tout comme Leïla Slimani, récompensée en 2016 pour Chanson douce.

Questions fréquentes

Quand sera décerné le prix Goncourt 2026 ?

Le prix Goncourt 2026 sera proclamé le mardi 3 novembre 2026, au restaurant Drouant, à Paris. Le même jour et au même endroit, le jury du Renaudot annoncera aussi son lauréat. L’ambiance risque d’être festive.

Quels sont les finalistes du prix Goncourt 2026 ?

Les quatre finalistes seront dévoilés le 27 octobre 2026. En attendant, et à l’heure où nous écrivons ces mots, huit romans restent en lice : Minotaure de Boris Bergmann, Le Fabuleux Piano de Sonia Devillers, Nous aussi d’Anne Godard, La solitude des professeurs est infinie de Yannick Haenel, L’Inconnue du quai de Javel de Philippe Jaenada, Choses que je croyais perdues de Clémentine Mélois, De l’autre côté du lac de Sylvain Prudhomme et La Guerre éternelle d’Olivier Rolin.

Combien rapporte le prix Goncourt ?

Ce n’est pas une récompense qui promet la fortune, ou alors uniquement comme les Grecs de l’époque d’Homère pouvaient l’entendre ! En effet, le lauréat reçoit un chèque symbolique de dix euros, que la plupart choisissent de garder en souvenir plutôt que d’encaisser. La véritable récompense tient aux ventes qui suivent : le roman couronné en 2025 a dépassé les 630 000 exemplaires.

Qui a gagné le prix Goncourt 2025 ?

Le prix Goncourt 2025 a été attribué à Laurent Mauvignier pour La Maison vide, publié aux Éditions de Minuit. Il l’a emporté dès le premier tour de vote, face notamment à Caroline Lamarche, Emmanuel Carrère et Nathacha Appanah.

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