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Sidonie Bonnec : « La haine des femmes est un poison transmissible »

Avec La Femme effacée, son deuxième roman, Sidonie Bonnec mêle thriller et drame historique pour raconter les violences faites aux femmes. Rencontre avec une journaliste devenue romancière, qui fait de la fiction un nouveau terrain d’engagement.

La Femme effacée de Sidonie Bonnec, couverture Albin Michel

© Albin Michel

Sur Carrefour.fr : La Femme effacée

Thriller domestique, drame historique, roman noir teinté de fantastique… pour son deuxième roman, Sidonie Bonnec, journaliste de télévision et de radio bien connue du public, met en lumière la souffrance des femmes à travers l'histoire. Porté par une intrigue complexe à double temporalité, La Femme effacée est paru chez Albin Michel le 2 septembre 2026, en 416 pages. Usant désormais de sa plume pour défendre les femmes victimes de ces hommes qu'elle nomme les pourris, elle nous parle de ses combats, de ses peurs, de son passage au roman, de ses passions littéraires et d'avenir.

Avec ce nouveau roman, vous proposez une intrigue complexe sur un sujet qui vous tient à cœur. Comment le présenteriez-vous, évidemment sans trop en dire ?

Sidonie Bonnec : L'histoire est celle de Candice, une femme d'une quarantaine d'années qui vit au cœur du quartier des Halles dans le centre de Paris, un détail qui aura une importance capitale dans l'intrigue. Elle y mène une vie de famille bourgeoise et heureuse auprès d'un mari héritier d'une grande maison d'horlogerie et de sa fille de 5 ans, Alma. Mais ce bonheur va peu à peu se dégrader depuis qu'Alma se met à hurler chaque nuit sans raison apparente et qu'elle-même ressent une angoisse diffuse, mais tenace. La situation va définitivement dégénérer et basculer dans l'horreur après la découverte dans sa cave d'un étrange vestige d'un passé dont elle ignorait tout. Dès lors, son histoire familiale et ses proches vont lui apparaître sous un nouveau jour pour le moins inquiétant…

Votre premier roman, La Fille au pair, s'inspirait de votre expérience personnelle. Si ce n'est pas le cas pour La Femme effacée, qu'est-ce qui en a motivé l'écriture ?

Cette fois, toute l'intrigue, ou presque, est pure fiction. En revanche, j'avais la ferme intention d'aborder plusieurs sujets. Le principal étant de tenter d'éclairer l'histoire de la souffrance des femmes. Force est de constater que la haine des femmes est un poison transmissible. C'est aussi un sujet qui me poursuit depuis toujours, de mon enfance jusqu'à mon métier de journaliste. J'ai fait beaucoup d'émissions de radio où il en était question de près ou de loin. À chaque fois, j'étais à la fois curieuse de comprendre et profondément triste de constater à quel point les hommes pouvaient être inventifs pour faire souffrir et soumettre les femmes. Qu'elle soit la conséquence d'une tradition barbare, je pense par exemple à l'excision, ou qu'elle se manifeste de façon plus perverse par l'emprise, la domination masculine ne manque pas de ressources. En tant que journaliste, j'aimerais réaliser une série documentaire là-dessus. À défaut, et à titre personnel, je suis heureuse d'avoir pu aider des femmes, en entreprise ou ailleurs, à sortir d'une situation d'emprise, de domination ou de harcèlement de la part d'un patron, d'un collègue ou d'un conjoint.

Journaliste et animatrice éclectique, Sidonie Bonnec anime depuis les années 2000 tous types d'émissions, magazine d'information, jeu, variété, sur des chaînes et stations publiques et privées.

La Femme effacée, présenté par l’éditeur. © Albin Michel

Le thème de la souffrance des femmes n'est-il pas commun à vos deux romans ?

Comme je l'ai déjà dit, ce sujet m'anime de manière viscérale. Quand j'ai écrit La Fille au pair, je me suis placée dans la tête d'une fille qu'on a voulu rendre esclave sexuelle. Être dans sa peau, c'était vraiment faire ressentir aux lectrices, aux lecteurs la souffrance de l'intérieur, de la décrire au plus près. Le roman me permet aussi de me faire plaisir en vengeant toutes les femmes qui subissent le pire des hommes. J'ai enfin pu faire souffrir les pourris ! D'ailleurs, j'ai dédié La Fille au pair aux pourris. Ils se reconnaîtront !

Quel serait l'autre sujet du roman ?

Il découle évidemment de mon sujet principal. C'est celui de l'héritage de la souffrance dans une famille. Les traumas se transmettent-ils ? Et là encore, je me suis recentrée sur les femmes en m'intéressant à leur condition et à leurs souffrances au Moyen Âge. Comment des secrets séculaires et des traumas anciens pouvaient-ils rejaillir dans la vie d'une femme ? Pourquoi les femmes partagent-elles les mêmes souffrances depuis des siècles ?

D'ailleurs, qu'est-ce que la psychogénéalogie, qui est présente dans le roman ?

La psychogénéalogie est une manière de comprendre l'héritage silencieux du passé. J'ai découvert cette discipline en me documentant pour le roman. Ce n'est pas vraiment une science, mais un savoir lié à la psychologie. Grâce à elle, on apprend qu'un trauma familial jamais révélé ni résolu, par exemple une agression sexuelle intrafamiliale, peut refaire surface sur vous ou votre enfant des décennies plus tard en se manifestant par des troubles psychologiques graves, tels que des terreurs nocturnes, des crises d'angoisse… Un psychologue formé à la psychogénéalogie vous permet alors de remonter le temps et d'enquêter sur votre famille. Mettre à jour le tabou qui plombe une famille depuis des générations contribue à soulager les souffrances des descendants et, d'une certaine manière, à rompre la malédiction familiale…

Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, les dépôts de plainte pour violences intrafamiliales augmentent régulièrement chaque année. Cette progression s'explique essentiellement par la libération de la parole.

« Je suis comme tout le monde, en mode survie, en essayant de passer chaque jour sans trop de dégâts et de voir ce qu'il se passera le lendemain »

À part le plaisir du suspense, que voudriez-vous que le lecteur se dise en refermant votre roman ?

J'aimerais qu'il, ou elle, se dise que je l'ai embarqué, secoué, que je lui ai ouvert les yeux en le faisant frissonner, que je lui ai fait comprendre des choses et découvrir un univers, des événements et des personnages qu'il n'imaginait pas forcément, enfin que j'ai réussi à lui faire prendre conscience de la souffrance séculaire des femmes et de combien l'histoire de nos familles a un poids capital dans nos vies. N'a-t-on pas toutes et tous des souffrances, des blocages, des tristesses qu'on n'identifie pas toujours au présent, mais qui ont peut-être une explication dans le passé ? Pouvoir regarder l'histoire de sa famille, faire de la généalogie, explorer son ascendance pour mieux comprendre son présent, voilà un autre sujet important de La Femme effacée qui me vient cette fois de mon père. C'est la part autobiographique du roman.

En quoi votre père vous a-t-il inspiré ?

Mon papa est un ancien joueur de foot professionnel qui est aussi un grand lecteur, cultivé et très curieux. Pour l'anecdote, ses anciens coéquipiers l'appelaient le poète parce qu'il dévorait des romans dans le fond du car durant les déplacements. Une fois en retraite, il s'est intéressé à la généalogie et a donc exploré l'histoire de notre famille. Il est remonté jusqu'en 1570 pour découvrir que nous sommes originaires de Belle-Île en Bretagne. Je le revois sillonner l'île à vélo, toujours avec son gros cahier, alors qu'il avait un ordinateur, rempli de fiches manuscrites rangées dans des pochettes transparentes… Sa passion m'a toujours fascinée. Il a évidemment été mon modèle pour le personnage du père de Candice.

Je dois aussi à mon père mon amour de l'histoire. J'en ai d'abord fait mes études avant d'en parler à la radio comme journaliste. Ce roman m'a permis de renouer avec cette idée passionnante de raconter le passé pour éclairer le présent. Je tiens d'ailleurs à dire que toutes les parties historiques du roman sont vraies et scrupuleusement documentées. Alix la Burgotte, Jeanne la Verrière et toutes les femmes citées ont réellement existé !

Votre intérêt pour l'histoire et la généalogie est donc une affaire de famille…

A priori, entre ma vie de famille et ma vie professionnelle, je n'étais pas du tout là-dedans. Je suis comme tout le monde, en mode survie, en essayant de passer chaque jour sans trop de dégâts et de voir ce qu'il se passera le lendemain. À la base, même si j'adore l'histoire, je n'étais pas du tout sur l'idée d'un retour vers le passé. Mais mon père m'a ouvert à ça…

Dans ce roman, il y a aussi un couple composé d'une femme sous emprise et d'un homme toxique. Comment avez-vous construit ces deux personnages ?

Je vous rassure tout de suite, je n'ai jamais fréquenté un tel homme. Par contre, je suis terrifiée depuis toujours par la dualité des gens. J'ai entendu tellement de récits de femmes qui étaient avec un homme que tout le monde admirait, un homme beau, drôle et lumineux, alors qu'il n'était en réalité qu'un ignoble monstre. Ça me terrorise de savoir comment l'être humain peut masquer sa noirceur et sa méchanceté. Pour les personnages de Gauthier et Candice, j'ai écouté des podcasts de psychologues et lu pas mal de témoignages de victimes d'emprise. En adoptant une narration à la première personne pour Candice, j'ai voulu lui donner la parole, celle dont on prive trop souvent les victimes de violences. Me mettre dans sa peau me permettait aussi de coller au plus près de ses perceptions, de ses découvertes, de mieux comprendre tout ce qu'elle subit. Enfin, comme un clin d'œil un peu caustique, Candice est biographe et écrit un livre de commande sur des personnages masculins oubliés.

Dans les parties historiques du roman, vous avez recréé des lettres du XVe siècle. Sont-elles fidèles à la langue de l'époque ou les avez-vous adaptées au français d'aujourd'hui ?

J'ai d'abord consulté des dictionnaires pour ne pas faire d'erreur de sens. Ensuite, pour que ça reste compréhensible par le lecteur d'aujourd'hui, j'ai nettoyé les textes en ancien français pas faciles à comprendre tout en gardant quelques mots clés pour que ça sonne juste. Cette partie historique sur les recluses m'a demandé énormément de travail. Un travail totalement passionnant et indispensable pour donner consistance et cohérence au personnage de Blanche, victime sacrificielle de la cruauté des hommes, mais aussi de la religion qui a toujours défendu l'intérêt des hommes au détriment des femmes depuis des siècles.

Les recluses du Moyen Âge étaient des femmes qui « choisissaient » de s'enfermer pour la vie dans une petite cellule attenante à un cimetière ou une église afin de se consacrer à la pénitence et la prière.

Portrait de Sidonie Bonnec
Sidonie Bonnec. DR

« Ça me révolte de voir qu'aujourd'hui, on continue de maltraiter des femmes alors qu'elles donnent la vie, mettent au monde et élèvent ceux qui plus tard vont les détester »

En évoquant les recluses du Moyen Âge, vous semblez remettre en cause l'intention religieuse derrière ces femmes qui se coupaient du monde volontairement…

À travers le personnage de Blanche, je voulais montrer comment la religion, quelle qu'elle soit d'ailleurs, a toujours servi exclusivement les intérêts masculins. Son cas n'est pas rare à travers l'histoire, beaucoup d'hommes se sont servis de l'Église pour arriver à leurs fins. Même si je suis tout à fait consciente qu'elle libère beaucoup de gens à qui ça fait du bien d'être croyants. Dans certaines religions et sociétés préchrétiennes, les femmes étaient considérées comme des divinités. Ça me révolte de voir qu'aujourd'hui, on continue de maltraiter des femmes alors qu'elles donnent la vie, mettent au monde et élèvent ceux qui plus tard vont les détester.

Les réseaux masculinistes prônant la haine des femmes sont aujourd'hui considérés dans plusieurs pays, dont la France, comme une menace terroriste, au même titre que certains groupes fondamentalistes religieux.

Le fait d'être journaliste vous a-t-il aidée pour écrire ce livre ?

Oui, sans aucun doute ! Toutes ces années de journalisme me servent énormément aujourd'hui. Je sais comment chercher et trouver de l'info, je suis curieuse et je sais naviguer entre des sources de nature différente. J'ai adoré mettre du réel dans la fiction, même si, tout au long de l'écriture, j'étais obsédée par l'exactitude des faits, des lieux et des personnages historiques. Par exemple, tout ce que je raconte sur Paris est documenté, la fontaine des Innocents, la prison souterraine, l'historique du quartier, les dates de réclusion des femmes… Comme dans un bouquin de Dan Brown, on peut tout vérifier en se rendant sur les lieux de l'intrigue.

Le roman débute comme un thriller domestique teinté de roman noir, passe par le fantastique et l'horreur avant de basculer du côté du drame historique…

J'ai tenté de bien doser tout ça pour que le public ne s'y perde pas ! Mais vous oubliez un peu de dystopie climatique pour l'intrigue contemporaine. Vous noterez que le climat parisien a changé, il pleut tout le temps. Je me suis dit que plus on est confiné chez soi en famille, ici à cause de la pluie comme tout phénomène météo extrême qui enferme, plus les femmes et les enfants deviennent de potentielles victimes d'un père ou d'un mari maltraitant. L'idée de ce décor de pluie incessante et de cette ambiance grise et morose se devait donc de servir mon propos. Et puis, comme je viens aussi un peu de la télévision, je suis sensible à l'image et à la force visuelle des choses.

Vous portez une attention toute particulière aux décors, notamment intérieurs…

J'adore les créer et ils m'inspirent. Par exemple, pour La Fille au pair, j'ai voulu recréer avec précision l'endroit où j'avais été enfermée, avec mon consentement au début. Pour ce roman, j'ai fait marcher mon imagination. Notamment le décor de villa de la fin, très fermé avec son portail haut, très sombre aussi avec même un petit côté gothique…

« Imaginer et écrire ce genre d'histoires sombres me procure un plaisir et une liberté incroyables ! »

Pourquoi avez-vous choisi de passer au roman, et par le thriller en particulier ?

Tout ce que je peux dire, c'est que je me suis aussi mise à écrire pour m'exprimer, pour faire connaître et faire entendre tout ce que je ne peux pas exprimer dans les médias où je travaille. D'ailleurs, même dans ma vie de tous les jours. J'ai aussi la chance immense d'avoir une éditrice qui me laisse une totale carte blanche. J'essaie d'être à la hauteur. Après La Fille au pair, beaucoup de femmes m'ont écrit pour me remercier de parler pour elles, d'avoir raconté ce qu'elles sont malheureusement nombreuses à avoir subi dans les familles qui les ont employées en Angleterre, en Allemagne ou ailleurs. Je suis heureuse et honorée si j'ai pu contribuer à libérer leur parole. Plus égoïstement, je dois avouer que, comme certainement beaucoup de romancières, ça soulage mes angoisses de les partager dans un roman. Quant au choix du thriller, je trouve que ce genre a le pouvoir de nous faire éprouver des émotions intenses tout en décortiquant le mal et tout ce qui nous heurte. En plus, imaginer et écrire ce genre d'histoires sombres me procure un plaisir et une liberté incroyables !

Pour son premier roman, Sidonie Bonnec s'est ouvertement inspirée de sa très mauvaise expérience de fille au pair à Londres, pour alerter les candidates au job et dénoncer les agresseurs.

Est-ce que vous allez continuer sur le roman de genre ?

Oui, et ce n'est vraiment pas par opportunité. J'ai encore tellement d'histoires à raconter de cette façon. Comme vous l'avez remarqué, La Femme effacée croise plusieurs genres dans une même intrigue. J'aime l'idée de pouvoir faire à la fois de la littérature, du thriller, du roman social, du noir, du fantastique, de l'historique. J'adore ça, je vais donc garder ce style.

Quels sont vos maîtres et maîtresses en matière de thrillers et de SF, et plus généralement vos références littéraires ?

J'adore Margaret Atwood, Donna Tartt et Stephen King, Pierre Lemaitre, que je considère comme l'héritier de Zola, et Jean-Baptiste Andrea, dont je cite le magnifique Veiller sur elle dans mon roman. En thriller et roman noir, je dirais Johana Gustawsson que j'ai découverte, Olivier Norek, qui m'émeut toujours, et le génial thriller poétique de Chris Whitaker, Toutes les nuances de la nuit. Où vivaient les gens heureux de l'autrice américaine Joyce Maynard m'a également beaucoup touchée, tout comme certains romans de Camille de Peretti, Marie Vareille, Anne Berest ou Tatiana de Rosnay. Pour les classiques, je suis sensible à la fibre fantastique de Maupassant et à la noirceur des êtres, telle que la décrivent Stefan Zweig et François Mauriac. Mais aussi Zola, que j'aime tellement lire… Comme vous pouvez le constater, je suis très éclectique dans mes goûts littéraires.

Parmi ceux-là : Nous qui avons connu Solange de Marie Vareille ; Les cœurs sont faits pour être brisés de Tatiana de Rosnay ; L'Inconnue du portrait de Camille de Peretti ; La Carte postale d'Anne Berest.

Les romans de Joyce Maynard et Jean-Baptiste Andrea, que vous venez de citer, sont importants pour vous ?

Tout à fait ! J'oserais faire un parallèle dans la forme entre ce que vivent Candice et l'héroïne de Joyce Maynard, même si, dans l'histoire de cette dernière, il n'est pas question d'emprise, mais d'une séparation douloureuse. Je trouve qu'il y a une similitude entre ces deux femmes qui voient leur vie vriller sans rien pouvoir faire pour empêcher le désastre à venir. Dans ce roman qui m'a émue aux larmes, je trouve qu'on entre littéralement dans la peau de cette femme malheureuse. J'ai vibré avec elle, j'ai ressenti ses émotions comme rarement dans un roman. J'ai essayé de m'inspirer de cette façon de raconter pour mon personnage. Quant au Goncourt de Jean-Baptiste Andrea, je trouve que c'est un véritable chef-d'œuvre. L'histoire est sublime et la qualité de la plume se passe de commentaire. En le citant dans le roman, c'est une forme d'hommage d'une fan. D'ailleurs, je suis impatiente de lire son prochain roman !

Vous avez publié vos deux premiers romans en deux ans. Allez-vous garder ce rythme ?

La Femme effacée m'a demandé énormément de boulot, mais je l'ai écrit plus vite que le premier, trois ans contre un an et demi. Sans doute parce que j'avais un petit peu plus confiance en moi. En revanche, je me suis mis plus de pression. Comme La Fille au pair avait plu, il ne fallait pas que je me loupe et déçoive celles et ceux qui ont aimé le roman. Quant au rythme de parution, on a décidé avec mon éditeur que j'en ferais un tous les deux ans pour me laisser tout simplement le temps de vivre. Et comme vous le savez, j'ai aussi d'autres boulots à côté…

Savez-vous de quoi sera fait votre prochain roman ?

J'ai tellement souffert de la canicule cette année que j'ai commencé à prendre des notes sur le sujet. J'ai eu l'impression de basculer dans une nouvelle ère qui ressemble à celle décrite dans les romans de SF de mon adolescence. Je me disais alors qu'on était bien dans notre monde. Ce n'est malheureusement plus vraiment le cas aujourd'hui.

Et celui que vous écrirez dans dix ans ?

Je suis bien incapable de répondre à cette question. Imaginez qu'il y a quatre ans, je n'aurais jamais pensé écrire La Femme effacée. En revanche, ce dont je suis sûre, c'est que j'aurai des idées pour le faire. Je me nourris de tout ce que je vis, chaque jour, mois, année. Qu'est-ce qui va nous arriver dans dix ans ? Je vous propose qu'on se retrouve pour en parler… dans dix ans.

Questions fréquentes

Quelle est l'histoire de La Femme effacée ?

Candice, quarante ans, vit dans un Paris où la pluie ne cesse jamais et qui l'oblige à rester enfermée. Sa fille de cinq ans hurle chaque nuit, et la découverte d'un vestige dans sa cave ouvre sur un passé familial que personne ne lui avait raconté. Le roman alterne cette intrigue contemporaine avec un récit historique consacré à des femmes recluses. C'est un thriller psychologique de 416 pages, paru le 2 septembre 2026 chez Albin Michel.

Que fait Sidonie Bonnec aujourd'hui ?

Elle est journaliste, animatrice de radio et de télévision, métier qu'elle exerce depuis les années 2000 sur des chaînes publiques et privées, et romancière depuis 2025. Elle a publié deux romans en deux ans et publiera désormais un livre tous les deux ans.

Faut-il avoir lu La Fille au pair avant ?

Non. Les deux romans sont indépendants et n'ont ni personnages ni intrigue en commun. Ils partagent seulement un sujet, la souffrance des femmes, que l'autrice dit tenir de manière viscérale. La Fille au pair est disponible en poche, et c'est un bon complément si celui-ci vous plaît.

À qui s'adresse ce roman ?

Aux lecteurs de thriller psychologique, et à ceux que la dimension historique attire autant que le suspense. Un avertissement s'impose toutefois : le livre traite frontalement des violences faites aux femmes, de l'emprise dans le couple et de leurs conséquences sur les enfants. Ce n'est pas une lecture légère, et mieux vaut le savoir avant de l'offrir.

Sources

Le magazine Carrefour Savoirs, n°328, octobre 2026, pages 13 à 21 ; fiche du roman chez Albin Michel.

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