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Guillaume Musso, Le Crime du paradis : « Écrire, c’est ma vie »

Guillaume Musso se livre rarement. À l’occasion de son nouveau roman, Le Crime du paradis, l’écrivain nous a accordé un long entretien sur son histoire familiale, sa méthode de travail et ce qui le pousse, depuis près de trente ans, à écrire : le désir.

Le Crime du paradis de Guillaume Musso, couverture Calmann-Lévy

© Calmann-Lévy

Sur Carrefour.fr : Le Crime du paradis

Une nuit de juin 1928, le fils de 3 ans d’un couple de riches Américains est enlevé dans sa chambre de la villa familiale du Cap d’Antibes. Entre les invités et le personnel de service présents sur les lieux, les suspects ne manquent pas. L’enquête est confiée à un commissaire dépressif et son jeune adjoint venus de Marseille. Avec Le Crime du paradis, nouveau polar hybride dont il est difficile de parler sans trop en dire, Guillaume Musso convoque l’esprit d’Agatha Christie et entrechoque une nouvelle fois réalité et fiction, sur un terrain de polar que Bernard Minier laboure lui aussi cette saison avec Ruptures. Un thème majeur dans l’œuvre d’un écrivain libre qui refuse les étiquettes pour préserver son désir et son plaisir d’écrire.

Guillaume Musso, comment présenteriez-vous ce vingt-deuxième roman ?

Guillaume Musso : C’est la première fois que j’écris un roman qui n’est pas contemporain. Comme j’essaie toujours d’écrire le roman que j’aimerais lire, c’est-à-dire capable de me divertir et de m’extraire du quotidien, j’ai décidé cette fois d’en décaler l’action d’un siècle pour échapper au contexte morose et anxiogène que nous vivons actuellement en France et dans le monde. Pendant dix heures par jour, je me suis transporté dans cette Côte d’Azur « fitzgeraldienne » de la fin des années 1920. Ce roman pourrait être la rencontre d’une énigme à la Agatha Christie sur la Côte d’Azur et de Tendre est la nuit de Francis Scott Fitzgerald.

La bande-annonce du roman. © Calmann-Lévy

Est-il le fruit d’une envie ou d’une idée particulière ?

Presque tous mes romans ont une genèse ancienne. Je traîne des idées parfois des années avant d’en faire une intrigue. Là, j’avais vraiment envie d’un « whodunit » à la Agatha Christie qui se passerait dans le sud-est de la France. J’aimais l’idée de combiner le côté ludique du roman à énigme à mon envie d’écrire sur le Cap d’Antibes, et en particulier sur l’hôtel Eden-Roc et son histoire fascinante.

J’ai voulu aussi redonner vie à mon arrière-grand-père, Joseph Lequès. Un homme né en 1883 et mort en 1915, dont la vie rude m’a toujours fasciné. Un homme d’une autre génération qui a d’abord fait trois ans de service militaire avant d’être envoyé au front à 31 ans dès les premiers jours de la Grande Guerre. Peut-être que s’il avait survécu, il aurait pu s’engager dans les brigades mobiles marseillaises après-guerre. Ce fut un réconfort pour moi d’en faire un héros de fiction.

Le Crime du paradis navigue entre fiction et réalité. Fait-il référence à une affaire précise ?

Mon intention était de revisiter ce qui est sans doute le premier fait divers moderne de portée mondiale. En 1932, le garçon de 3 ans du célèbre aviateur américain Charles Lindbergh est kidnappé dans sa propre maison. Grâce au progrès technique, les journaux ont pu pour la première fois suivre en temps réel les avancées de l’enquête. Le monde entier s’est alors senti concerné par cette affaire d’enlèvement d’enfant. C’est de ce même fait divers dont s’est inspirée Agatha Christie pour écrire Le Crime de l’Orient-Express et son célèbre meurtre collectif.

Portrait de Guillaume Musso en veste en jean
Guillaume Musso. © Emanuele Scorcelletti

Il évolue également sur plusieurs registres, passant du whodunit au true crime, puis à la noirceur du thriller, pour finir par une mise en abyme en guise de résolution…

Ce n’était pas vraiment prémédité. Plutôt que de mise en abyme, je parlerais plutôt d’une prise de distance qui nous questionne sur ce que l’on vient de lire. Mon idée était de faire un roman un peu total qui joue avec les codes et les clichés. C’est aussi un roman hommage à Agatha Christie avec sa partie interrogatoire, et le personnage d’Agatha qui devient aussi enquêtrice pour écrire le premier true crime de l’histoire.

On passe effectivement ensuite à quelque chose de plus sombre et contemporain où l’on remonte aux origines du mal pour terminer par une sorte de mise en abyme qui interroge la notion de vérité. Réécrire l’histoire selon des intérêts particuliers… N’est-ce pas ce que nous vivons aujourd’hui au niveau mondial ?

Ce brouillage entre fiction et réalité est un de vos thèmes fétiches. Le Crime du paradis pourrait-il être le quatrième tome de votre Trilogie des écrivains ?

Absolument ! J’ai toujours été intéressé, voire fasciné par l’idée d’intégrer l’écrivain à son propre roman pour en tirer une réflexion, accessible et divertissante, sur le rapport complexe entre réalité et fiction. Le journalisme est lui aussi touché par ce nouveau rapport au réel avec les fake news et les réseaux sociaux.

Et ce n’est pas nouveau : dans les années 1920, le rôle de la presse en France comme ailleurs était terrible. Je l’évoque d’ailleurs dans le roman. Il y avait également beaucoup de désinformation et peu d’éthique. Dans l’enlèvement du bébé Lindbergh, la presse était si odieuse envers le personnel au service de la famille que l’une des gouvernantes s’est suicidée durant l’enquête, alors qu’elle n’avait évidemment rien à voir. Il me semble que la polarisation et la violence des médias des années 1920 font écho à la violence des réseaux sociaux d’aujourd’hui.

Que représentent pour vous les années 1920, la Riviera et les États-Unis ?

Les Années folles, c’est à la fois la montée des périls et du progrès. Dans le roman, le personnage du producteur se montre visionnaire en comprenant déjà le siècle qui s’annonce. En me documentant, je me suis aperçu qu’ils n’étaient pas si nombreux à anticiper l’avenir. La Côte d’Azur et les États-Unis sont, eux, des endroits que je connais bien. Le mythique hôtel Eden-Roc du Cap d’Antibes, dont l’histoire est fascinante, me permettait de réunir les deux. Cet endroit est le point de rencontre entre la littérature américaine que j’aime, Hemingway, Fitzgerald, et la terre où je suis né.

Guillaume Musso souriant devant une bibliothèque
Guillaume Musso. © Emanuele Scorcelletti

Comment naît un roman de Guillaume Musso ?

Par le désir ! Après plus de vingt ans d’écriture, c’est toujours ce que je recherche. Le désir d’écrire est la première étincelle. Pourquoi écrire un livre plutôt que d’aller à la pêche ou au cinéma ? La réponse vient en avançant dans la vie. Mon grand ami Jean-Christophe Grangé m’a dit un jour : « Après 45 ans, tu vas comprendre qu’il te reste un nombre précis de livres à écrire. Alors, tu ne voudras plus perdre de temps avec un livre qui ne te soit pas nécessaire. »

Suivez-vous un mode opératoire ?

Non, je n’ai pas de formule. En revanche, chaque roman doit avoir son histoire. Il faut toujours qu’il y ait une bonne raison d’écrire un livre. Pour moi, la bonne raison a toujours été de me divertir, d’échapper encore et toujours à cette « tragique condition humaine ». Le plaisir du divertissement, c’est l’arrachement à son quotidien.

Je crois qu’un roman réussi, c’est comme une histoire d’amour réussie. Pour l’amour, il faut rencontrer la bonne personne au bon moment. Pour un roman, c’est évidemment avoir une bonne histoire à raconter, mais surtout être dans un moment de sa vie où l’on a le désir de l’écrire. Il faut que ce soit vital.

« Je crois qu’un roman réussi, c’est comme une histoire d’amour réussie. »

Photo d'époque de baigneurs sur la Côte d'Azur
La Côte d’Azur des années folles, décor du Crime du paradis. DR

À partir de quel moment considérez-vous qu’une bonne idée devient un roman ?

Un déclic doit se produire, ou pas. Stephen King a dit que, dans une journée, il a des dizaines d’idées qui peuvent potentiellement devenir un livre. Le travail de l’écrivain, c’est justement de savoir faire le tri et d’essayer de repérer quelle idée va déclencher cette sensation d’urgence vitale.

Bien que je ne sois jamais certain de ne pas me tromper, j’ai un peu appris avec le temps à affiner tout ça. Pour ça, je fais le test des soixante-dix pages : au bout de soixante-dix pages, je sais si le roman sera bon. Et quand il n’y a pas l’étincelle, ce fameux déclic, il faut avoir le courage de dire stop et repartir sur autre chose, même si vous avez déjà travaillé trois mois dessus. Il faut aussi être conscient que de super histoires sur le papier peuvent ne rien donner. C’est la même chose au cinéma : un bon scénario et un bon casting ne font pas toujours un bon film.

Toutes ces chutes sont-elles perdues ou les gardez-vous ?

Tout se garde ! J’écris maintenant depuis près de trente ans et je peux donc confirmer ce que dit Murakami sur les centaines de tiroirs, manteaux et autres endroits où l’écrivain stocke des idées de personnages, de lieu, de chute, de retournement. Alors, oui, parfois, vous allez rechercher quelque chose qui vous a frappé il y a dix ou quinze ans et vous vous dites que c’est le bon moment de le greffer.

Vous publiez un roman tous les deux ans, voire chaque année. Ce rythme soutenu est-il bénéfique à votre créativité ?

Tout d’abord, ce n’est pas une contrainte. Chaque livre nécessite son propre temps d’écriture. Pour celui-ci, il m’a fallu deux ans de recherche et d’écriture. Écrire, c’est ma vie ! J’aime être dans un flux de création constante. Je n’ai pas de bouton off. Je pense qu’un écrivain qui n’écrit pas est malheureux.

Dans un autre domaine, je me suis toujours demandé comment un réalisateur que j’adore comme Jean-Paul Rappeneau n’a pu réaliser que huit films en soixante ans. Il explique sa méthode de travail, pourtant quotidienne, en la comparant à celle de Philippe de Broca, qui réalisait un film par an dans les années 1970-1980. L’un avait besoin d’être tout le temps au charbon quand l’autre cherchait l’étincelle ultime par une lente maturation. Toutes ces histoires de rythme de travail sont profondément liées au caractère de chacun et à toutes les angoisses qui nous constituent.

Buste en bronze d'Agatha Christie
Agatha Christie, la référence revendiquée. © Shutterstock

Dans la société d’aujourd’hui, quel est, selon vous, le rôle d’un écrivain ?

Je me limite à ce que je sais faire et ce pour quoi j’aimais lire quand j’avais 14 ans. Bien que j’aie eu une enfance heureuse et sans histoire au sein d’une famille unie, j’adorais vivre des expériences et des vies différentes, pénétrer l’intimité et la psyché d’inconnus grâce aux romans que je lisais.

Dans la société frénétique de 2026, la lecture représente une parenthèse où l’on peut encore être libre d’évoluer à son rythme. On peut tourner les pages à la vitesse que l’on veut, revenir en arrière. En écrivant des livres, j’aime penser que je fabrique des parenthèses dans la vie des gens en les aidant à maîtriser le rythme de leur vie. Je leur fais aussi du bien en les emmenant ailleurs. Voilà mon rôle !

« Écrire, c’est ma vie ! J’aime être dans un flux de création constante. Je n’ai pas de bouton off. »

Enfant, rêviez-vous de devenir écrivain ?

Tout est parti d’un concours de nouvelles organisé par mon professeur de français de seconde, que j’ai remporté avec une histoire influencée par mes lectures de l’époque qui allaient de Stephen King au Grand Meaulnes d’Alain-Fournier. Je me souviens avoir pris beaucoup de plaisir à l’écrire, mais aussi à voir les réactions de mes camarades quand ils l’ont lue. À un âge où les ados ne sont pas toujours tendres entre eux, je venais de recevoir une gratification inattendue qui changerait ma vie à jamais. Depuis l’âge de 15 ans, je me lève donc tous les matins en notant des idées et en essayant de leur trouver des portes d’entrée vers la fiction.

Vous êtes revenu au style de vos débuts après avoir connu le succès avec un style très différent. Ce retour aux sources était-il une question de maturité ?

J’ai écrit Et après… à la suite d’un accident de voiture qui aurait pu me coûter la vie. J’ai alors pensé que le surnaturel pouvait être un bon moyen d’aborder le sujet de la mort de façon ludique. On connaît la suite de l’histoire : le roman s’est vendu dans vingt-cinq pays et a été adapté au cinéma. Je peux donc dire que le fantastique m’a permis pendant des années de parler de beaucoup de choses à beaucoup de gens qui ont aimé les histoires que je leur racontais. Je suis fier de ces romans qui ont amené pas mal de monde à la lecture.

À un moment, j’ai sans doute compris que j’avais fait le tour de ce que je pouvais raconter avec ce type de romans, qui n’étaient pas tous liés au surnaturel, contrairement à ce qu’ont pu en dire certains qui ne les avaient pas lus. Quoi qu’il en soit, j’ai un peu de mal avec les étiquettes. C’est avant tout une histoire de marketing et de culture du pays. Par exemple, La vie est un roman, sans doute mon roman le plus cérébral, est présenté dans de nombreux pays, dont la France, comme un roman à suspense, alors qu’au Brésil, il est rangé dans la littérature dite blanche. En réalité, j’écris des livres hybrides qu’on peut avoir parfois bien du mal à classer.

Avec Le Crime du paradis, vous cassez une nouvelle fois les codes du polar…

J’avais effectivement ça en tête. C’est pour ça que j’ai toujours adoré Agatha Christie. Elle ne s’embarrassait pas de toutes ces règles qui ne sont que des carcans. Ils étaient dix défie ces règles, et pourtant, c’est un chef-d’œuvre et un classique intemporel du roman policier.

Lequel de vos vingt-deux romans occupe une place particulière dans votre cœur ?

Sans hésitation, je dirais Central Park. C’est à ce jour mon plus grand succès. Sa genèse est d’ailleurs un peu particulière : cette année-là, comme ma femme était enceinte de notre premier enfant, j’avais décidé de ne pas écrire de livre pour être entièrement disponible pour cet événement. Mais, rattrapé par ma passion, j’ai l’idée d’un roman court, sans repérage ni recherche, sur une intrigue tenant sur vingt-quatre heures et nourri uniquement de mes souvenirs de New York. Je l’ai donc écrit en un temps record la nuit entre deux biberons. Pour l’anecdote, pris de doute, j’ai renoncé à lui dédier pour ne pas l’associer à un livre qui n’aurait pas été apprécié. Contre toute attente, ce fut un best-seller aux États-Unis !

Justement, quel est votre rapport au succès, à la reconnaissance populaire et aux récompenses ?

On a beau être flatté de réussir ce qu’on entreprend, une fois qu’on devient parent, tout ça devient assez dérisoire. On entre dans la vraie vie. Je suis en revanche très fier d’avoir des lecteurs, d’avoir cette histoire, ce compagnonnage avec eux. Je suis également fier d’arriver à rassembler des mondes qui normalement ne se croisent pas en étant lu à la fois par des ados, des profs de français, des médecins, des coiffeurs et bien d’autres. Seuls le sport et la musique permettent ça.

Je suis également extrêmement heureux du renouvellement générationnel de mon public. Aujourd’hui, je suis lu par les enfants de celles et ceux qui m’ont découvert en 2004 avec Et après…. Le confinement m’en a apporté la preuve. Un jour, lors d’une de mes rares connexions, j’ai découvert des milliers de messages de gens assez jeunes, confinés avec leurs parents, qui me disaient avoir aimé mes anciens titres dénichés dans la bibliothèque familiale. Quant aux récompenses, c’est sympathique et gratifiant, mais ça s’oublie vite.

Quels romans et auteurs vous ont donné envie d’écrire ?

Sans hésiter, je dirais toute l’œuvre de Stephen King. Ensuite, les grands romans policiers, dont Agatha Christie, que j’ai découverte dans de gros tomes compilant plusieurs titres, fort pratiques quand on partait en vacances. J’aimais beaucoup les classiques, français, russes. J’ai eu la chance d’avoir des parents, et surtout une mère bibliothécaire, très ouverts à la culture, quelle qu’elle soit et d’où qu’elle vienne. À la maison, la culture était d’abord synonyme de plaisir.

« Et si mon dernier roman était également le dernier de ma vie d’écrivain ? »

En dehors des livres, qu’est-ce qui vous faisait vibrer ?

J’ai été élevé avec le goût de la culture au sens large. Les livres tenaient le haut du panier, mais n’étaient pas seuls. Le cinéma comptait aussi beaucoup. On prenait un vrai plaisir à tout voir. Un film de De Funès ou du Splendid était aussi important qu’un Kieslowski ou un Theo Angelopoulos. Ce qui ne veut pas dire que tout se vaut, mais plutôt qu’il faut être curieux de tout. La culture, ça vous aide à grandir et ça doit rester avant tout du plaisir.

En arrivant à Paris, j’ai vite compris que la culture pouvait aussi être élitiste dans le mauvais sens du terme et se transformer en arme pour mépriser les autres. Ce n’est évidemment pas cette vision de la culture qui est la mienne et que je tiens à transmettre aujourd’hui à mes enfants.

Lisez-vous encore beaucoup ?

Je lis beaucoup dans un cadre documentaire pour mes romans. En lecture plaisir, je relis souvent les titres que je conseille à mes enfants pour m’assurer qu’ils sont vraiment aussi bien que dans mon souvenir. J’ai aussi relu de nombreux grands classiques lus à l’adolescence que j’ai eu l’impression de redécouvrir dans une perspective complètement différente. Lire Les Illusions perdues à 50 ans, ce n’est pas la même chose qu’à 20 ans. C’est le même livre, mais on ne comprend pas la même chose. Sinon, mes dernières lectures contemporaines sont le Goncourt de Laurent Mauvignier, La Maison vide, et Je suis né du diable, de Jean-Christophe Grangé.

Quel roman vous imaginez-vous écrire dans dix ans ? Avez-vous peur de perdre un jour l’inspiration ?

Et si mon dernier roman était également le dernier de ma vie d’écrivain ? Je ne parle pas de me faire renverser par un bus, mais de la fragilité extrême du processus d’écriture. Dans dix ans, je ne sais pas du tout si j’écrirai encore. Je l’espère très fort. Je viens de terminer celui-ci début janvier et je me demande déjà quel sera le prochain. C’est à la fois très excitant, parce que le champ des possibles est grand ouvert, et très intimidant, dans le sens où je ne m’imagine pas consacrer un an et demi de ma vie à une chose qui n’aurait pas de sens pour moi. Face à l’engagement que représente l’écriture d’un livre, cette incertitude crée une excitation aussi forte qu’elle peut être paralysante.

Les deux titres sortis le 3 mars, et lequel prendre

LivreDétailPour qui
Le Crime du paradisCalmann-Lévy, 3 mars 2026, 480 pages, EAN 9782702192979Vous voulez le nouveau, et un whodunit à la Agatha Christie sur la Côte d’Azur de 1928.
Quelqu’un d’autreLGF, poche, 3 mars 2026Vous découvrez l’auteur et vous préférez essayer en poche avant de vous engager.
Central ParkLe roman que Musso désigne lui-même comme son plus grand succèsVous voulez commencer par celui qu’il préfère, écrit en un temps record entre deux biberons.

Si vous devez n’en prendre qu’un, prenez Le Crime du paradis : c’est le seul des trois où Musso sort du présent, et l’entretien montre à quel point ce déplacement lui a servi. Et si vous voulez comprendre pourquoi les deux titres du 3 mars se répondent, lisez-les à la suite : Quelqu’un d’autre pose la question de la vérité vacillante, Le Crime du paradis la reprend un siècle plus tôt.

Le crime du paradis – Guillaume Musso

Le livre dont on parle

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Questions fréquentes

Quel est le dernier roman de Guillaume Musso ?

Le Crime du paradis, paru le 3 mars 2026 chez Calmann-Lévy. C'est son vingt-deuxième roman, et le premier qu'il situe hors du présent : l'action se déroule sur la Côte d'Azur en 1928, autour de l'enlèvement du fils d'un couple d'Américains fortunés au Cap d'Antibes.

Quel est le roman le plus vendu de Guillaume Musso ?

Central Park, selon l'auteur lui-même, qui le désigne dans cet entretien comme son plus grand succès à ce jour. Écrit en un temps record, sans repérage ni recherche, sur une intrigue tenant en vingt-quatre heures et nourri de ses souvenirs de New York, il est devenu un best-seller jusqu'aux États-Unis.

Dans quel ordre lire les livres de Guillaume Musso ?

Aucun ordre n'est imposé, ses romans étant indépendants. Une exception : la Trilogie des écrivains, qui se lit dans l'ordre de parution, et à laquelle il rattache lui-même Le Crime du paradis comme un possible quatrième tome. Pour découvrir l'auteur, Et après… marque ses débuts en 2004 et Central Park reste son plus grand succès.

Quel est le prochain livre de Guillaume Musso ?

Rien n'est annoncé. L'auteur explique dans cet entretien avoir terminé Le Crime du paradis début janvier 2026 et se demander lui-même quel sera le suivant. Son rythme habituel, un roman tous les ans ou tous les deux ans, situerait la prochaine parution en 2027 ou 2028.

Combien de temps Guillaume Musso met-il à écrire un roman ?

Deux ans de recherche et d'écriture pour Le Crime du paradis, dix heures par jour. Il précise aussi qu'il ne s'impose aucun rythme de publication et qu'il pratique le test des soixante-dix pages : passé ce cap, il sait si le manuscrit tient, et il abandonne sinon, quitte à jeter trois mois de travail.

Sources

Le magazine Carrefour Savoirs, n°321, mars 2026, pages 5 à 12 ; fiche du roman chez Calmann-Lévy.

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