Pour prolonger l’expérience Chattam en attendant que Morsures arrive en rayon, plongez dans 8,2 secondes, son précédent thriller, entre New York et les Grands Lacs.
Le livre dont on parle
Thriller 8,2 secondes – Maxime Chattam
À partir de 22,90 €
Voir sur Carrefour.frMorsures : la mort remonte à Saint-Cast-le-Guildo
Ah, Saint-Cast-le-Guildo… Ses plages. Ses familles parfaites dignes de catalogue publicitaire. Sa douceur de station balnéaire bretonne, où tout n’est que paix. Enfin, ça, c’était jusqu’au jour où un pêcheur est tué par un grand requin blanc. L’affaire pourrait passer pour un drame rare et isolé, un de ces accidents qui font certes la une de la presse régionale mais dont la durée de vie ne dépasse guère trois jours, tout au plus. Sauf qu’une deuxième attaque suit, et que plus personne n’a envie de mettre un orteil dans l’eau.
Le gendarme Lucas Romy s’associe alors à une spécialiste des requins pour comprendre ce que ce prédateur vient faire si loin de ses eaux habituelles. Et c’est là que le roman commence vraiment à mordre : certaines victimes, à en croire leurs constatations, ne se trouvaient peut-être même pas en mer au moment de leur mort. Difficile de se faire dévorer par un requin sur la terre ferme. Même en Bretagne.
Des ados, un grimoire et l’Ankou : la Bretagne, oui, mais version Chattam !
En parallèle de l’enquête, une bande d’adolescents s’est entichée d’un vieux grimoire ésotérique. Ils en sont désormais persuadés : ils ont réveillé l’Ankou, et quelque chose les traque. Pour ceux qui ont grandi loin de la Bretagne ou qui n’ont pas d’affinités avec le spirituel, l’Ankou est la grande figure de la mort dans la tradition bretonne, l’ouvrier de la faucheuse qui vient chercher les âmes avec sa charrette.
C’est tout le sel de Morsures : deux récits qui se répondent, l’un arrimé à la biologie marine, l’autre aux légendes traditionnelles. D’un côté les faits, les mesures, la science ; de l’autre les histoires que l’on se raconte depuis des siècles le long des côtes. Et entre les deux, un enquêteur qui refuse de se contenter des évidences, ce qui, dans un thriller, est généralement le début des ennuis.
Maxime Chattam rend hommage aux Dents de la mer et aux Goonies
Chattam ne cache pas ses influences, au contraire, il les revendique, leur faisant par la même occasion de jolis clins d’œil. Morsures est présenté comme un vibrant hommage au film de Steven Spielberg sorti en 1975, qui a durablement vidé les plages, et à l’esprit d’aventure des Goonies. On pense aussi, forcément, à Stephen King et à ces bandes de gamins qui affrontent ce que les adultes refusent de voir. Les plus jeunes lecteurs auront eux en tête des œuvres plus récentes, comme Stranger Things, pour ne citer que lui, programme déjà très inspiré des deux tauliers de la science-fiction cités plus tôt : la boucle des muses est ainsi bouclée.
Mais l’hommage de Chattam est plus malin qu’un simple copier-coller. Dans Les Dents de la mer, le chef Brody est celui qui voit le danger quand le maire refuse de fermer les plages, saison touristique oblige. Chez l’écrivain, le gendarme se méfie au contraire de l’explication trop évidente : le requin est bien là, mais il n’explique peut-être pas tout. Le monstre n’est plus seulement ce qui nage sous la surface, c’est aussi ce qu’on refuse de comprendre. Et la station balnéaire, comme Amity Island avant elle, devient le décor idéal pour une question très contemporaine : qu’est-on prêt à ignorer pour que la saison continue ?
Le Chattam de Morsures : plus Le Signal que L’Âme du mal
Ceux qui ont découvert l’auteur avec ses premiers thrillers, noirs comme une nuit sans lune et peuplés de tueurs en série, risquent d’être un peu déconvenus. Morsures se range plutôt du côté de Le Signal et de la saga Autre-Monde : un roman généreux et nostalgique, qui mêle le frisson à l’aventure et assume un vrai goût pour le récit de bande. Quelques puristes peuvent trouver l’hommage un peu trop appuyé ; c’est le risque quand on nage dans le sillage de plusieurs monuments de la pop culture.
Avec près de 500 pages, le livre a tout du divertissement à dévorer pendant les vacances de la Toussaint, et pourquoi pas à faire circuler dans la famille, débutant sur les lits des ados pour finir sur la table de chevet des parents qui ont vu Les Goonies en cassettes. Et si l’appétit de frissons persiste, Karine Giebel prend le relais une semaine plus tard avec Dans la terre froide. Moins de requins, mais autant de dents, c’est promis !
Disponible sur Carrefour.fr : en attendant que Morsures arrive en rayon, 8,2 secondes, le précédent thriller de Maxime Chattam, est déjà disponible.
Le livre dont on parle
Thriller 8,2 secondes – Maxime Chattam
À partir de 22,90 €
Voir sur Carrefour.frQuestions fréquentes
Quand sort Morsures de Maxime Chattam ?
Morsures paraît le 28 octobre 2026 aux éditions Albin Michel, en grand format broché.
De quoi parle Morsures ?
À Saint-Cast-le-Guildo, en Bretagne, un pêcheur est tué par un grand requin blanc. Après une seconde attaque, le gendarme Lucas Romy et une spécialiste des requins enquêtent, tandis que des adolescents, convaincus d’avoir réveillé l’Ankou, se sentent traqués.
Où se passe le nouveau roman de Maxime Chattam ?
L’histoire se déroule à Saint-Cast-le-Guildo, une station balnéaire des Côtes-d’Armor, sur la côte nord de la Bretagne.
Morsures est-il inspiré des Dents de la mer ?
Oui, et c’est totalement assumé : le roman est présenté comme un hommage au film de Steven Spielberg, mais aussi à l’esprit d’aventure des Goonies. Chattam y ajoute une dimension fantastique avec la légende bretonne de l’Ankou.
Faut-il avoir lu d’autres livres de Maxime Chattam pour lire Morsures ?
Non, il s’agit d’un roman indépendant. Les lecteurs qui ont aimé Le Signal ou la saga Autre-Monde devraient s’y sentir particulièrement à l’aise.